Le département de science politique réagit à l’article sur Carolle Simard

Volume 10, Numéro 1, 04 février 2016

Le département de science politique réagit à l’article sur Carolle Simard

Le comité de publication

De hasard en hasard dirons-nous (puisque c’est sur ce thème que débutait l’article que dénonce la motion de l’Assemblée départementale [AD] de science politique) [TÉLÉCHARGER LA RÉSOLUTION]. Heureux hasard que deux hommes s’attribuent la responsabilité de dénoncer ce qu’ils considèrent comme des attaques (sic) contre leurs collègues femmes.

Précisons deux choses; la première: si madame Simard s’est sentie attaquée en tant que femme, nous l’invitons aimablement à l’exprimer elle-même (petit rappel aux intéressés: un des principes essentiels du féminisme est : “ne me libère pas, je m’en charge!”). Le droit de réponse étant une pratique courante au Québec, madame Simard peut nous adresser un texte à sa convenance, et nous le publierons dans sa version originale (puisque c’est ainsi que nous publions tous les textes qui nous sont communiqués, qu’ils soient d’origine étudiante ou non).

La seconde: il est absolument fallacieux et manipulateur de dire que ce genre “d’attaque” (re-sic) est survenu en particulier contre des femmes de notre département. Bien au contraire, notre journal a publié de bien plus nombreuses critiques d’hommes de l’UQAM que de femmes (chose dont les membres de l’AD auraient pris connaissance s’ils avaient effectué une courte recherche exploratoire). Qu’à cela ne tienne, et pour rafraîchir la mémoire des oublieux-euses, nous ferons tout notre possible pour rétablir le différentiel homme-femme lors de notre prochain numéro. Ajoutons également que décrire des critiques légèrement caustiques concernant les sorties médiatiques publiques d’une professeure sous le terme “attaque” relève d’une tactique de salissage de bas étage. Nous ne jugeons pas nécessaire de nous abaisser à répondre à de pareilles inepties. Nous nous étonnons néanmoins que les termes “prise d’otage” ou “terrorisme” n’aient pas été utilisés à notre encontre; on nous avait habitué à une rhétorique plus enflammée.

Enfin, nous condamnons vivement l’instrumentalisation du féminisme opérée par la motion de l’AD. Elle s’inscrit en droite ligne d’autres tentatives de récupération par une administration qui ne peut malheureusement pas s’enorgueillir d’un historique lumineux quant à cette question. Si, en tant qu’étudiant-e-s, nous sommes heureux-ses de pouvoir bénéficier du mentorat de quelques professeur-e-s — trop peu nombreux-euses — profondément attaché-e-s à la démarche et aux objectifs féministes, nous relevons néanmoins que de nombreux comportements et structures sexistes continuent de se maintenir en toute impunité en nos murs. Les récentes sorties de certains membres de l’administration quant à l’épineux problème du harcèlement et des agressions à l’UQAM n’en sont que la pointe émergée de l’iceberg. Le silence de l’AD à cet égard en dit d’ailleurs long sur la manière dont une partie influente de ses membres prend le féminisme au sérieux.

Avé Simard, morituri te salutant.  

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