Robert Proulx, trois ans après: pire que Claude Corbo?

Volume 10, Numéro 1, 07 novembre 2015

Robert Proulx, trois ans après: pire que Claude Corbo?

Collectif de membres de la communauté de l'UQAM

Hier marquait les trois ans de Robert Proulx au rectorat. Que dire sur ces trois années au rectorat ? Le « on vous l’avait dit » militant serait trop facile. Après tout, il y avait eu un très relatif espoir que Robert Proulx ferait mieux que Claude Corbo, qui s’était distingué comme le « redressor » de l’UQAM.

Trois ans plus tard, la situation semble être pire que sous Claude Corbo. Que ce soient les coupures, les expulsions politiques et la répression sans précédent (sécurité, caméras, pseudo-tribunaux politiques, poursuite des personnes dénonçant les agressions sexuelles), la disparition et les menaces contre certaines associations facultaires, ou encore la gestion désastreuse des cas de harcèlement sexuel, le climat à l’UQAM est nauséabond.

Et que dire du fait que tant les profs, les chargé-e-s de cours, les employé-e-s de soutien, que les cadres de l’université n’aient plus confiance dans la direction ? Dans la période de négociations actuelle, on aurait pu s’attendre à ce que Robert Proulx fasse mieux que Claude Corbo, se disant plus « collégial », et voulant avoir la confiance de la communauté (alors qu’il affirmait d’ailleurs, en 2012, qu’il démissionnerait le jour où il n’aurait plus l’appui de la communauté[1]). Il semble que la situation est toute autre.

Les « impératifs budgétaires » imposés à l’université par le gouvernement du Québec et relayés en coeur par le rectorat et le Conseil d’administration se font sentir plus durement que jamais. On nous avait promis un rectorat plus revendicateur, plus combattif face au gouvernement. Force est de constater que, bien au contraire, la haute direction de l’UQAM s’est finalement laissée écraser par le poids de la rigueur et de l’austérité.

N’oublions pas que les employé-e-s de soutien voient au moins un poste sur trois non comblés lorsque vacant. Les équipes rétrécissent, alors que la charge de travail augmente et que l’on demande à toutes et tous de « faire des efforts » et d’être « solidaires ». Invariablement, les demandes de congés maladie et les journées d’absence auraient déjà commencé à grimper. Cela ne va que s’empirer.

L’austérité se voit d’ailleurs jusque dans le détournement des montants d’argents dédiés aux étudiant-e-s en situation de handicap vers d’autres budgets. Qu’est-il advenu de ces sommes avant que le ministère ne sévisse ? Même le bureau de l’audit interne de l’université n’arrive pas à avoir une réponse, se butant à l’obstruction de la direction. La chape de plomb règne lourdement sur notre institution.

Si le lien de confiance était mince et que bien des membres de la communauté étaient déjà sur ses gardes avant même que Robert Proulx et son équipe n’entrent en poste, que dire de la situation actuelle ? Ce lien est brisé, explosé en morceaux, démolis par les mesures disciplinaires, la répression et la déconnexion du rectorat face au reste de la communauté universitaire.

Alors que le rectorat faisait rentrer le groupe d’intervention anti-émeute du SPVM dans l’enceinte de l’UQAM ce printemps, suscitant l’indignation un peu partout dans la communauté universitaire, le Syndicat des professeur-e-s avait demandé au recteur de démissionner.

La tempête s’est calmée, pas complètement passée, et les questions et le ressentiment se maintiennent. Le Conseil d’administration de l’université et la direction se réfugient derrière des lignes de presse, quand ils daignent même donner une quelconque valeur à la parole de la communauté. Avez-vous entendu la présidente du CA parler de la situation actuelle et des décisions prises par l’instance qu’elle dirige ? Avez-vous vu ou entendu un-e membre du CA communiquer sur les mesures d’austérité qu’ils et elles imposent à la communauté ?

Si le recteur et son équipe de direction voulaient tant être proches de la communauté, c’est un échec lamentable. Est-il encore possible de rattraper la situation et de panser les plaies ? Probablement pas. Cette direction doit prendre ses responsabilités et écouter les voix de ceux et celles qui l’interpellent, pas celles du gouvernement.

Il est minuit moins-cinq monsieur Proulx. Faites vite avant que la crise ne s’empire encore.

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[1] États-Généraux de l’UQAM, 2012, voir : http://etats-generaux.ca

Un commentaire sur “Robert Proulx, trois ans après: pire que Claude Corbo?”

  1. Lysa Brunet dit :

    Très bon article.
    Où est le recteur???
    Lui qui devait s’adresser à la communauté en octobre dernier…. et qui pour des raisons qui n’ont pas été précisées, a annulé. Pourtant, on nous avait promis de reporter cette activité… plus d’un mois plus tard, toujours pas de recteur dans les parages!

    « N’oublions pas que les employé-e-s de soutien voient au moins un poste sur trois non comblés lorsque vacant. »

    Précisons ici que ce n’est qu’un seul poste sur trois qui sera comblé, et cela, seulement une fois que les trois postes seront vacants. L’AGE du programme de premier cycle en science politique ne sera donc pas remplacée, lors de son départ à la retraite, dans quelques mois. Nous devrons attendre combien de temps avant que 2 autres postes soient vacants, pour ainsi déterminer, lequel des trois sera le plus pertinent de remplacer?

    Et que dire de la manière dont le doyen de la faculté tente de régler la situation? Une convocation de ses employés-es de soutien en leur demandant de trouver la solution.

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