Une fois de plus, l’UQAM essaie d’étouffer une situation de harcèlement et d’agression

Volume 10, Numéro 1, 12 janvier 2016

Une fois de plus, l’UQAM essaie d’étouffer une situation de harcèlement et d’agression

Étudiants-es de l'UQAM

Note de l’éditeur : Suite à la réception d’une mise en demeure provenant des procureurs de l’UQAM, l’article tel que publié le 12 janvier 2016 a été modifié. La réaction de la direction de l’UQAM est reproduite à la fin de ce texte.

Nous tenons à rappeler qu’Union Libre est un journal sans ligne éditoriale qui publie, sans discrimination sur la nature des propos, les textes qui lui sont acheminés. Pour de plus amples renseignements sur la politique de diffusion d’Union Libre, consulter:
http://www.unionlibre.net/a-propos

 

À l’automne 2015, une correspondance écrite entre des étudiants de l’UQAM est découverte, dévoilant des propos violemment misogynes et dégradants visant plusieurs étudiantes. La conversation implique notamment :

– Des menaces de viol
– Des photos d’étudiantes prises à leur insu
– Des propos sexistes et dégradants

Une fois de plus, l’UQAM évite cavalièrement l’application de sa politique 16, qui reconnaît ce qui suit :

Les comportements suivants sont considérés comme du harcèlement sexuel :
6.2 Remarques, commentaires, allusions, plaisanteries ou insultes persistants à caractère sexuel portant atteinte à un environnement propice au travail ou à l’étude.
6.6 Actes de voyeurisme ou d’exhibitionnisme.
6.8 Toute autre manifestation à caractère sexuel offensante ou non désirée

Ironiquement, l’UQAM n’hésite pas à invoquer les articles 12, 13 et 14 de la Charte des droits et des responsabilités des étudiant.e.s pour justifier la présence actuelle des agresseurs dans les cours. Les femmes visées (et les autres) doivent supporter leur présence dans leurs cours, et se résigner à la lenteur et à l’inefficacité réelle d’une procédure administrative.

Nous ne croyons pas, à l’instar de la réaction du SPVM, que la situation s’apparente de manière inoffensive à «une conversation de gars dans un vestiaire de hockey.»

Le paradoxe de la situation n’est même plus surprenant, et les piètres réactions de l’administration et de la police nous dégoûtent par leur hypocrisie mal dissimulée, ou par leur imbécilité.

Ce musellement de la gravité de la situation ne doit plus nous prendre au dépourvu.

Il n’est plus question de nous taire. Le silence représente une victoire de plus pour la culture du viol, cette culture dans laquelle nous baignons depuis toujours. Celle qui nous enseigne la peur et qui nous demande d’éviter d’être violé.e.s plutôt que d’imposer le respect mutuel. Celle qui tente désespérément de nous faire croire à des incidents isolés, qui enterre les dénonciations et qui protège les agress.eurs.euses.

Cessons de croire que la situation serait pire si elle était mise en lumière. Refusons l’appel à la stricte rationalisation qui pacifie l’émergence d’une confrontation saine, qui nous est due depuis longtemps. Il n’est plus jamais question d’appuyer le silence, comme le demande l’administration avec une sympathie niaise. Nous voulons dorénavant réagir à la hauteur des conséquences.

Nous assumons que le problème est collectif. Nous affirmons qu’il concerne chacun.e du moment où il est connu et que nous taire signifie être complice. Ce ne sont pas des incidents isolés; affrontez l’ensemble et l’ampleur de la situation. Reconnaissez qu’ignorer systématiquement les «cas particuliers» vous préserve d’admettre la violente profondeur du problème.

Normalement, vous nous demanderiez de répéter jusqu’à nous étourdir de revisiter la situation, de comprendre que le point de vue peut tout changer, que ça ne s’est probablement pas passé comme nous le croyons. Cette fois, nous vous présentons la situation telle qu’elle s’est initialement présentée : par écrit. Voici la conversation qui a été interceptée; voyez par vous-mêmes, et lassez-vous de nous demander de nous justifier.

BRIBES DE CONVERSATION : CE QUI LEUR BRÛLE LES LÈVRES

Pour éviter la personnalisation précoce du débat, nous taisons (pour l’instant) les noms des auteurs de la conversation. Nous souhaitons qu’ils réalisent la nécessité d’une introspection et que leur présence en classe est indésirable. Prenez conscience et assumez la portée de vos actions.

conversation1conversation2


 

De quoi vous mettre sous la dent pour la suite des choses :

Culture du viol : http://www.mauvaiseherbe.ca/2014/11/05/le-viol-parfait/
Limites de la politique 16 et le sticker gate : http://hyenesenjupons.com/2015/09/11/cest-assez/
L’inefficacité des voies de recours offertes par l’UQAM : http://collectifleshysteriques.tumblr.com/
Sur le silence : http://www.mauvaiseherbe.ca/2014/11/11/il-faut-quon-parle-de-silence/
Sur le doute et le tabou : http://jeconnaisunvioleur.tumblr.com/pourquoi.com


Réaction de la direction de l’UQAM

http://unites2.telecom.uqam.ca/calend/courriel-com/editeur_afficheur.php?CodeMAIL=5236

Mardi 12 janvier 2016

CIRCULATION D’UN TRACT ANONYME, DIFFAMATOIRE ET INEXACT : LA DIRECTION RECTIFIE LES FAITS

À la suite de la diffusion ce matin, dans certains lieux publics de l’Université, d’un tract anonyme portant sur une situation alléguée de harcèlement sexuel, la Direction tient à rectifier immédiatement les faits.

Le document anonyme qui circule présentement est inexact et comporte des extraits modifiés ou incomplets d’une conversation entre étudiants sur les réseaux sociaux qui en altèrent le sens. En outre, le document est diffamatoire puisqu’il attribue au doyen de la Faculté de science politique et de droit et à une conseillère à la vie étudiante des propos qui sont erronés ou dénaturés.

Il est faux de prétendre, comme le fait le document, que l’Université prend à la légère les allégations de harcèlement sexuel. C’est exactement le contraire. Dans le cas dont il est ici question, comme dans tous les cas de plaintes déposées par des personnes s’estimant victimes de harcèlement sexuel ou psychologique, l’Université prend la situation très au sérieux.

Dès le dépôt de la plainte au début du mois de décembre, une série de mesures ont été rapidement mises en place et le processus de traitement de la plainte a été rigoureusement suivi. Plusieurs intervenantes et intervenants ont été mis à contribution pour traiter le dossier : le Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement, le Service de la prévention et de la sécurité, le Service de police de la Ville de Montréal, les Services à la vie étudiante et le décanat de la Faculté de science politique et de droit, notamment.

« Il est faux d’affirmer que j’ai justifié les propos dont il est question comme étant une blague. Nous réprouvons en tout temps quelque propos que ce soit qui pourrait constituer une menace ou une banalisation de la violence sexuelle. De tels propos sont inacceptables et n’ont pas leur place à l’université ni dans tout autre milieu d’ailleurs », a affirmé le doyen de la Faculté de science politique et de droit, monsieur Hugo Cyr.

Le dossier suit présentement son cours et la Direction prend toutes les mesures appropriées dans le cadre de la gestion de cette situation auprès des étudiantes et des étudiants concernés.

En terminant, rappelons que les étudiantes et les étudiants, tout comme les autres membres de la communauté universitaire, ont droit à la confidentialité du traitement de leur dossier en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes et sur la protection des renseignements personnels. La Direction respectera en tout temps cette obligation.

André Dorion
Vice-recteur aux Ressources humaines, à l’administration et aux finances

Normand Petitclerc
Secrétaire général

10 commentaires sur “Une fois de plus, l’UQAM essaie d’étouffer une situation de harcèlement et d’agression”

  1. Maxime Landry dit :

    Intéressant de voir qu’Union libre a fini par plier devant les avocats de l’UQAM, qui lui ont fait comprendre qu’il tombait dans la diffamation… Pas aussi courageux qu’il en a l’air, hein, René ?

  2. Eh oui, une femme qui les défend! dit :

    Y a-t-il une seule personne qui peut se vanter que tout propos qu’elle ait eu dans une conversation privée ne pourrait être mal interprété sur la place publique si citée en partie seulement et hors de son contexte? Être féministe c’est croire en l’égalité de la femme par rapport à l’homme. Ce n’est pas le fait de traquer tous les moindres faits et gestes de jeunes hommes maladroits début vingtaine qui ont -oui-faits des blagues de mauvais goût. Un comportement adulte serait de demander à entendre leur version des faits. Est-ce que vraiment, à la lecture de ces extraits on peut croire hors de tout doute qu’ils auraient pu commettre des actes violents si tout cela n’avait été mis au grand jour? Ont-ils déjà été irrespectueux envers des femmes sur la place publique ou dans la vie privée? C’est bien facile de supposer qu’en étant plus fort physiquement ils auraient pu avoir x comportement, mais la seule violence qui crève les yeux actuellement c’est la violence psychologique dont nous les femmes sommes bien capable en retour. S’il vous plaît n’attendez pas de connaître toute l’ampleur des conséquences pouvant découler de l’intimidation avant de mettre de l’eau dans votre vin.

  3. Marc Lafond dit :

    Ce n’est pas en manipulant l’information que vous allez gagnez. Aussi, la réponse à la misogynie n’est pas la misandrie… au cas où vous n’aviez pas remarqué. Ah oui, désolé, ce n’est pas la réponse, c’est la cause… hmmm right. C’est la femme ont le droit de dire, tous les hommes sont ceci ou cela, mais il ne faudrait surtout pas qu’un homme individuel dise une connerie, t’sais, il faudrait l’expulser… Voyons, vous êtes les responsables du mauvais climat présentement, personne d’autre! Vous faites tout en votre pouvoir pour créer le conflit, bravo les championnes 😉

  4. R. Dupuis dit :

    By the way, mon commentaire était destiné à vous. Tout ce que je voulais est que vous le lisiez. Je me câlisse éperdument du fait que vous le publiez ou non.

  5. R. Dupuis dit :

    Ça ne doit tellement pas être facile votre vie à vous autre, vous qui, pour pallier à votre manque profond de maturité, cherchez des victimes à identifier sur la place publique afin de donner un sens à votre vie. Vous travaillez fort à dépenser énergie, temps, sophismes et jugements dans des conflits qui au fond ne se régleront jamais car votre approche ne fait qu’ajouter à la problématique…

    Vous ne réussirez jamais à faire changer d’idée personne car vous les attaquez tout aussi violemment. Mais vous ne pouvez pas vous en empêcher car il vous est impossible de ne pas projeter de façon inconsciente sur les autres le(s) trauma(s) (choisissez-en un ou plusieurs) |de vos abus à l’enfance| / |du méchant supposé patriarcat| / |du mythe des privilèges mâles| / |du mythe des salaires inégaux| / |de vous faire violer du regard| / |du manspreading| / |du mansplaining| / |de l’oppression des hommes| / |de votre dissonance cognitive| / |de l’absence d’un espace sécuritaire à l’université| / |du méchant gouvernement| / |de l’augmentation des frais de scolarité| / |de l’austérité| / |d’être entourée de partout par des agresseurs sexuels| / |que tous les hommes sont des violeurs|.

    «Voici la conversation qui a été interceptée;»La conversation n’a été interceptée bande de caves, elle était publique! Non mais êtes-vous payés pour être imbéciles?

    Si j’avais une seule once d’empathie pour vous ou votre cause (chose qui est disparue en 2011 en voyant comment vous n’êtes que des putains de princesses intransigeantes) (j’ai écrit « putain », êtes-vous « triggered? », j’aurais pitié de vous, mais non, j’espère profondément vous voir être simplement effacée de l’humanité et que l’histoire ne se rappelle pas de vous. Vous êtes pathétiques.

  6. Jean dit :

    Pour vrai… c’est ridicule ce qu’ils disent, c’est cave, et déplorable. Mais on voit clairement qu’il s’agit d’une conversation de gars qui déconnent, qui disent des insanités pour se faire rire… Si on s’offusque d’une telle conversation, on a de la job parce que, malheureusement, tous les gars parlent comme ça, voir de façon bien pire … et constamment !!! Ça doit être pour rire : c’est définitivement de mauvais goût. Ça doit les défouler j’imagine, etc … C’est rare que j’suis d’accord avec le SPVM. J’comprend l’idée de dénoncer de telles paroles, notamment si elles étaient publiques ! Mais il s’agit d’une conversation trouvée où au juste ? Est-ce une conversation privée ou publique? Sur un forum ou autre ? Comment l’avez-vous «découverte», au juste ? Il faut relativiser : Y a-t-il eu des gestes posée ? Je ne crois pas. Y a-t-il eu un viol? je ne crois pas.

  7. #inculture dit :

    Un long plaidoyer indigné comme à l’accoutumé et peu de regard pour les droits fondamentaux des personnes concernées donc peut être, juste pour rééquilibrer, une vision un peu plus neutre des choses de la vie…

    Premièrement vous reproduisez un ensemble de message sur lequel vous appuyé votre diatribe le tout sans contexte, sans intégralité, sans preuve de véracité ni d’authenticité. Ainsi il suffirait de mettre dans les parties émetteurs et réceptionnaire « le Dalaï Lama » et « Vladimir Poutine » pour donner à votre message un tout nouveau caractère, international et sulfureux, ce dont vous ne semblez pas détester.

    Deuxièmement vous rapporter là, ça ne vous aura pas échappé, une conversation privée. Même via un service de messagerie et à la différence d’un mur Facebook, les conversations entre différentes personnes via messenger se veulent privées et permettent donc un caractère de liberté d’expression plus important vu que la possibilité de blesser, intimider ou harceler une personne ne peuvent se faire que via un contact direct avec la personne ou alors via une expression publique et encore, les critères restreignant l’expression sont assez limitatifs.

    Ce qui est drôle pour ne pas dire désolant, c’est que vous donnez à cette conversation privée son caractère public et par là même, vous menacez des étudiants de divulguer leurs identités sauf à ce qu’ils abandonnent leurs études ce qui s’apparente de beaucoup à de l’intimidation couplé du fait que si dommage il y a pour les filles concernées, vous en serez juridiquement la cause en publicisant le sujet.

    Bien sûr il faut rajouter le fait d’associer des noms d’individus à l’acte de viol (qui, soit dit en passant, nécessite un acte pour être caractérisé) qui lui caractérise une atteinte à la réputation et à l’honneur, ce que la loi condamne également.

    Evidemment vous êtes loin de l’ignorance puisque votre « pamphlet », pour ne pas utiliser le mot chiffon n’est pas signé et ne permettra donc pas de représailles judiciaires.

    En gros vous misez sur celui qui aboie le plus fort pour obtenir gain de cause, peut importe pour vous si vous utilisez tous les moyens que vous dénoncez et plus encore si l’instauration d’un modèle de société ou l’expression privée devait passer par une censure automatique nuirait en premier lieu aux femmes et aux minorités ethniques et sexuelles.

    Autant dire qu’inculture se mêle à la stupidité des arguments invoqués lorsque vous réclamez l’intervention du SPVM… Une personne normale vous demanderait pour quelle infraction du code criminel consommée mais vous et moi savons que cela importe peu, les accusés sont des hommes qui ont sali la femme en ne reproduisant pas un roman d’amour du 18e siècle dans la royauté britannique et pour cela ils méritent le bûché médiatique.

    Vous apprendrez que hommes et femmes ne sont pas toujours doux et soyeux, que parfois on peut être immature et idiot mais comme je m’en rends compte à chaque condamnation simpliste et contre-productive sur ce blog, on en survit…

  8. Une fille tannée dit :

    Pis moi, je veux pas me faire chier avec quelqu’un de sexiste et violent comme A4 parce que le sexisme pis le racisme, c’pas lui qui l’endure.

    1. Marc Lafond dit :

      Et les femmes violentes et hargneuses de l’UQAM, pour être conséquents, on les met dehors aussi??

      1. Frédéric Rivest-Roy dit :

        j’apprécie le débat ici commencé et encourage l’intervention féminine comme celle de la fille tannée.

        Je constate:

        la stigmatisation féminine est omniprésente de la part des commentateurs ici présentes

        le débat reposant essentiellement sur la perception d’un genre sur l’autre (ce que les hommes pensent des femmes et de leurs revendications féministes) et ce que les femmes pensent des commentaires de certains hommes, un réel dialogue constructif ne pourra pas être instauré sans une participation paritaire des 2 sexes.

        Mon opinion: Il me semble en effet reprochable de publiciser des commentaires facebook d’individus sans leur approbation pour faire de la propagande idéologique. Les moyens adoptés dans l’affaire présente pour faire de l’activisme sont critiquables du point de vue méthodologique (convo hors contexte, et interprétation fallacieuse des propos du recteur) et éthique (respect de la vie privée).

        Pourtant, il est indéniable que le machisme est toujours et encore un caractéristique prédominante en Occident, au canada et au Québec. L’égalité des genres n’est pas en core atteinte ni dans les faits, ni sur le plan psychologique. Les inégalités socio-économiques croissantes en occident sont notamment un frein persistant pour l’atteinte d’une égalité des genres au-delà de la sphère juridique. Dans un tel contexte, une convo du type publié dans la présente affaire n’a rien de surprenant et le principal moyen de s’attaquer aux inégalités entre les sexes présuppose un travail de fond et non un activisme accusateur mettant des individus à mort sur le scène publique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Conception : Coopérative Molotov 2013 - Propulsé par Wordpress