Fais ce que je dis, pas ce que je fais!

Parc René-Masson (Antoine Rivard)

Une importante partie du parc René-Masson situé dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies risque fortement de disparaître au profit de constructions bétonnières. Établi en plein coeur du quartier, ce parc d’arrondissement constitue un bel exemple de conservation d’espaces naturels en milieu urbain. Non aménagé et d’une superficie de 100 000 mètres carrés, il se caractérise par une aire boisée considérable, un milieu humide et d’une proximité avec la rivière des Prairies.

Plus tôt cet été, l’arrondissement a annoncé son désir de condamner 25 000 mètres carrés de ce havre de paix dans le but d’y construire des bureaux d’arrondissements et une maison de la culture. La partie boisée du parc ajoutée à son milieu humide seraient ainsi les premières victimes des coups de pelle, sans oublier les oiseaux et les rongeurs qui habitent l’espace.

La décision des élus municipaux de Rivière-des-Prairies a été prise dans un contexte où les espaces verts et les milieux naturels se font de plus en plus rares sur l’île de Montréal. Du même coup, le réseau de la qualité de l’air de la ville de Montréal fait état d’une détérioration de l’air ambiant au cours des dernières années.

Déterminés à mener le projet à terme, le maire de l’arrondissement,M Cosmos Maciocia, et son conseil ont adopté une résolution permettant la mise en œuvre du projet. Cette initiative a été approuvée même si, un mois plus tôt, le conseil du patrimoine de Montréal avait émis un avis défavorable au projet.

Laisser-faire de la ville centrale

Pour Coralie Deny, membre du conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE), cette décision entre en contradiction avec le plan stratégique de développement durable de la ville de Montréal adopté en avril 2005. Deux grandes orientations de ce plan cherchent à améliorer la qualité de l’air et à améliorer la protection de la biodiversité, des milieux naturels et des espaces verts.

Même si le projet découle de l’arrondissement,la ville centrale peut intervenir dans la démarche. « Au nom de sa politique environnementale, le maire de la ville, Gérald Tremblay, pourrait refuser de financer le projet ou tout simplement donner l’ordre à l’arrondissement de trouver une autre solution  » explique Coralie Deny. Pour être conséquente avec ses engagements, l’administration centrale devrait remettre en question la décision du conseil d’arrondissement. « Avec ce projet, la ville de Montréal envoie le message fais ce que je dis, mais pas ce que je fais  », ajoute Deny.

Madame Deny précise qu’elle ne s’oppose pas à la construction de bureaux municipaux et d’une maison de la culture, mais questionne plutôt la pertinence de sacrifier un boisé et un milieu naturel pour y parvenir. Le CRE souligne qu’aucune étude de localisation n’a été rendue publique afin d’expliquer le choix du lieu et qu’il existe pourtant 300 hectares de terrains vacants qui pourraient servir à la construction. L’attaché de cabinet du maire Cosmos Maciocia n’a pas retourné nos appels

Les citoyens en dernier recours

S’ils le désirent, les citoyens de l’arrondissement peuvent sauver les arbres du parc René Masson. Cependant, la complexité des procédures nécessaires à la mise en place d’une consultation populaire laisse présager le pire pour l’avenir de l’espace naturel.

Cet a paru dans l'édition Octobre 2007 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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