La TÉLUQ pour la gratuité et l’accessibilité aux études… à l’international

TÉLUQ

À tous les vents, les étudiants clament que l’éducation est un bien commun qui devrait être accessible et gratuit à tous. Loin d’être convaincu de l’efficacité des institutions pour défendre ce bien commun, ces mêmes étudiants réclament plus. Or, en ce moment, bonne nouvelle ! Notre chère institution, l’UQ travaille directement à rendre l’éducation accessible et gratuite pour tous. Seulement, à une autre échelle.

En effet, la Télé-université du Québec, la TÉLUQ, travaille actuellement à rendre accessibles ses ressources pédagogiques gratuitement à la communauté internationale francophone. Par le biais du web, la TÉLUQ regroupe les ressources pédagogiques existantes au Canada et dans le monde, pour les fournir dans une perspective de droit d’auteur libre à tous les étudiants du monde.

Qu’est-ce qu’une ressource pédagogique ? Dès qu’un professeur, un ministère ou un pédagogue produit un document ou un outil d’apprentissage qui puisse être utilisé par un étudiant, on appelle ça une ressource pédagogique. C’est un livre, une présentation PowerPoint, une vidéo, un logiciel, des notes de cours, des ressources audio, etc. Au niveau primaire et secondaire, ces ressources sont facilement accessibles, puisqu’elles sont construites par les ministères de l’éducation. Pour ce qui est des études post-secondaire, le contact plus privilégié et socratique entre l’étudiant et le professeur et aussi la liberté du professeur sur son contenu font en sorte que l’accumulation de ressources est plus personnalisée. N’empêche, l’UQ a fondé sous la direction de Gilles Gauthier, professeur en informatique à l’UQAM, un réseau qui permet d’accumuler et de généraliser ces ressources pour utilisation ultérieures. Ce réseau se nomme Ressource enseignement et apprentissage de l’Université du Québec (REAUQ).

Lorsque ces ressources sont mises dans des répertoires web et offertes gratuitement à d’autres communautés, elles peuvent être modifiées et adaptées aux autres milieux. Un cours de mathématique en français produit au Québec qui comporte des exercices se basant à Montréal où l’étudiant doit calculer la quantité de bus scolaires peut être converti en un exercice se basant au Mali à Bamako. La seule contrainte que reçoit le bénéficiaire est de mentionner que la ressource a été faite dans une autre communauté, telle que le Québec.

Quel est l’avantage pour un créateur de ressource ? Lorsque qu’une ressource est mise à la disposition du réseau international, celui qui offre une ressource peut aussi avoir accès aux milliers d’autres ressources déjà existantes. Ainsi l’on donne autant que l’on reçoit. Cela permet d’être efficace et accessible et de ne pas toujours réinventer la roue. Chaque jour, de nouvelles ressources sont ajoutées et ce sans jamais y avoir de transaction pour vendre. Le Ministère de l’éducation, des loisirs et du sport (MELS) a investi plusieurs millions de dollars pour rendre accessible l’ensemble de ses ressources et pour diffuser ce genre d’échange.

Au total, la francophonie canadienne a réuni plus de 26 000 ressources, elles se joignent aux 100 000 ressources de la France et aux 60 000 ressources d’ European School Net (Belgique) qui regroupe la communauté européenne. Au niveau international, la TÉLUQ fait partie d’un organisme pan-canadien qui s’appelle LORNET et qui se joint à NIME (Japon), EDNA (Australie), ARIADNE (Belgique) et MELOT (États-Unis) pour former un grand consortium d’échange de ressources du nom de Global Learning Objects Brockering Exchange (GLOBE). Il n’y a pas beaucoup de pays du Tiers-Monde qui ont leur propre réseau. Cependant, leur participation est croissante.

Plusieurs évènements ont contribué à l’essor de ce mouvement. En partie, au Massachussets Institute of Technology, aux États-Unis qui a décidé d’offrir toutes ses ressources gratuitement sur internet. D’autre part, l’essor du logiciel libre et du droit d’auteur libre, où la propriété intellectuelle n’est plus une signification de marchandisation du savoir, mais plutôt de respect du travail. Avec les droits d’auteur libre et du logiciel libre, un créateur ne fait qu’exiger que son travail soit toujours référé à son nom, sans pour autant demander un achat des droits d’utilisation et en laissant le droit aux utilisateur de changer le contenu, en autant que l’on continue à faire mention de l’origine. Comme dit Albert Jacquard, on ne devrait pas se priver de donner ce que l’on ne perd pas. Un sourire, une éducation ou du respect sont toutes des choses qui ne nous sont pas retirées lorsque données à autrui.

L’accessibilité universelle et gratuite au savoir est donc en marche. Les étudiants peuvent ainsi se réconcilier en partie avec leurs institutions, la marchandisation du savoir vient de perdre une bataille : le web ne sera pas un futur marché, mais restera plutôt une grande académie gratuite.

Cet a paru dans l'édition Octobre 2007 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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