Internet et vie communautaire en Afrique

S’il est des révolutions assez remarquables dans le quotidien des Africains ces dernières années, l’utilisation de l’Internet et ces corollaires occuperait la première place. En effet, le troisième millénaire déclaré l’ère de l’information ou de l’économie du savoir est venu bouleverser les habitudes même dans les contrées qui ont été de tous temps marginalisées par le reste du monde…

Depuis les dernières rencontres internationales et les engagements des États africains à combler le fossé numérique sur le continent, plusieurs initiatives ont été lancées pour donner accès aux infrastructures numériques au plus grand nombre. Ainsi, l’amélioration de la connectivité et la mise en place d’équipements de base dans les différentes régions matérialisent la concrétisation de ces initiatives.

Au Bénin, pays de l’Afrique de l’Ouest, après les différentes tentatives du gouvernement pour donner accès à Internet aux populations, plusieurs points d’accès (appelés ici cybercafés) privés et publics ont vu le jour pour fournir des services de proximité. Les organisations non gouvernementales (ONG) et les mouvements de jeunes engagés dans la promotion et la vulgarisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et l’Internet en particulier, ont mobilisé toutes les couches sociales, notamment les jeunes scolarisés.

Déjà après quelques années d’utilisation, nombreux sont les Béninois qui considèrent Internet comme un outil de communication précieux. L’appropriation de cet outil a métamorphosé le quotidien de certains citoyens. Plusieurs personnes ayant une formation en informatique ou autre trouvent un emploi pour satisfaire leurs besoins vitaux. Plus d’une famille arrivent progressivement à s’épanouir sur la base des revenus tirés de l’exercice d’activités liées à Internet. Par ailleurs, la gestion de l’information et de la communication par les différentes technologies et services fournis par Internet a déclenché une nouvelle « vie  ». Par exemple, dans un cybercafé installé à Cotonou, la plus grande ville du Bénin, une famille connectée a pu discuter en direct et en temps réel avec un des leurs, vivant à près de 1000 lieus de là (au Maroc) où il était en formation. Ce fut pour eux un grand ‘‘miracle’’. Tous les autres membres de la famille se sont attroupés rapidement autour de l’ordinateur pour assister au ‘‘spectacle’’. On faisait systématiquement regretter à tous ceux qui étaient absents la jouissance procurée par les merveilles des TIC. Ce fut une grande joie et une forte émotion qu’on pouvait lire sur les visages de cette famille.

Ceci est un témoignage palpable de ce qu’Internet peut révolutionner sur le quotidien des populations en Afrique. Malgré leurs connaissances limitées des différentes potentialités des TIC, ces réalités permettent de convaincre facilement le grand nombre qui peine encore à rejoindre ces outils par simple ignorance ou par manque de moyens matériels ou financiers.

Contrairement aux croyances qui voudraient que le retard de l’Afrique ne saurait être comblé par les TIC, c’est plus qu’une réalité. Car ces TIC peuvent modifier le cours des choses sur le continent. Il urge donc que les gouvernants accélèrent les différentes réformes et mettent en exécution les politiques et stratégies des TIC élaborées depuis plusieurs années sous la quasi contrainte des organisations internationales afin de permettre à chaque citoyen de bénéficier des avantages de ce monde riche. Mais dans la lutte permanente pour faire augmenter le nombre de personnes connectées, on ne doit pas oublier les mesures de sécurité nécessaires pour garantir la protection des abonnés face aux actes pervers qui y sont parallèlement développés (arnaques, hacking, fraude, etc.) ; en somme, la cybercriminalité.

Cet a paru dans l'édition Décembre 2007 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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