J’en ai assez de l’éternel débat identitaire au Québec. Trop souvent, les intentions de votes se résument par la simple question, souverainiste ou fédéraliste ? Alors qu’en 2005 l’Action Démocratique du Québec venait brouiller les cartes avec sa troisième option, l’autonomie, aujourd’hui le Parti Québécois décide de remiser sa raison d’être, la souveraineté et un nouveau parti, le parti indépendantiste, tient son assemblée de formation. Depuis les dernières années, la plupart des positions politiques des différents partis au Québec, tournent autour de la question nationale. Non pas qu’elle ne soit pas importante, mais pour une fois, peut-on laisser de côté l’avenir du Québec pour penser aux questions d’éducation, de santé, ou d’économie sans apporter la souveraineté comme réponse miracle ?
Le Parti Québécois semble le comprendre de plus en plus. Même Pauline Marois souhaite mettre en veilleuse la question nationale pour se pencher sur les vrais problèmes et attendre les conditions gagnantes d’un référendum. Elle propose plutôt une sorte de souveraineté association, avec la création d’une constitution québécoise et le rapatriement des pouvoirs provinciaux. La question que je me pose cependant est quelle est la différence entre la nouvelle souveraineté de Marois et le projet autonomiste de Mario Dumont ? Qu’est-ce que le parti deviendra s’il ne veut plus une souveraineté, mais plutôt une autonomie ? Comme les idées politiques se ressemblent beaucoup d’un parti à l’autre; le PLQ vole des idées à l’ADQ, le PQ fait de même, qu’est-ce qui pourra les différencier véritablement si de plus en plus, ils tendent vers la même vision nationale ?
Vous savez, je pense qu’il y a une réponse simple à ces questions. Si les différents parti au Québec mettent à l’avant-scène des propositions qui ne concernent pas la question nationale, nous pourrions avoir affaire à de la vraie politique. Pour une fois, les politiques mises de l’avant seront sûrement sur des sujets plus importants et les élus le seront pour leurs idées et non pas pour leur position nationale.
Va-t-on enfin, au Québec, pouvoir faire de la politique pour ce qu’elle est et non pas pour notre vision de l’avenir de la province. Trop souvent encore, les gens choisissent de voter pour la Parti Québécois parce qu’ils sont souverainistes ou pour le Parti Libéral parce qu’ils sont fédéralistes. Cette association est si présente, que plusieurs électeurs ne prennent même pas la peine de s’informer sur les positions de leur parti sur d’autres sujets. Il est temps de participer à la vie politique pour mettre à l’avant des idées, des propositions innovatrices et pour rallier des gens à ces idées et non pas faire de la politique en fonction de la position nationale des électeurs. Ainsi, les gens pourront voter pour le parti qui représente le mieux leur vision de la société sur des thèmes importants plutôt que se rallier à un parti parce qu’il souhaite voir le Québec un jour indépendant, autonome ou dépendant du Canada.
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