Comme il fait bon, ces temps-ci, de cracher un peu sur l’engagement canadien en Afghanistan, et surtout s’en prendre aux « mercenaires  » du Canada. La controverse n’est plus d’actualité, elle n’est plus à la mode; cela n’empêche pas d’établir les faits et de démentir certaines diabolisations.

Tout a commencé quand un journaliste, quelque part, s’est rendu compte que le Canada avait des contrats avec les firmes Saladin et Blackwater en Afghanistan. Ces compagnies dites de « sécurité  », ou « de mercenaires  », dépendamment des contrats qu’elles signent, sont très controversées, notamment à la suite des tueries en Irak, et si on fouille un peu plus, à cause de participations parfois dignes d’opprobre dans des coups d’États et autres machinations perverses de la politique mondiale. Leur statut de « combattants civils  » leur permet en outre d’échapper à toutes les règles de la guerre – notamment énoncées dans les conventions de Genève – dictées par le Droit international.

Cependant, après un examen de la chose, il faut bien faire taire le chasseur de scandale en soi et se résigner à l’heureuse réalité : le Canada n’embauche pas de tueurs à gage en Afghanistan. Le Canada ne sous-traite pas non plus la guerre à des compagnies privées.

En fait, les deux compagnies ayant des contrats avec le gouvernement, Saladin et Blackwater, exécutent des tâches qui sont tout ce qu’il y a de plus classique. Saladin fournit des gardes de sécurité pour l’ambassade à Kaboul; ils ne quittent pas le périmètre de celle-ci tant et aussi longtemps qu’ils sont en fonction. Ce ne sont rien d’autres que des gardes de sécurité classique. Quant à Blackwater, elle fournit des instructeurs spécialisés pour les soldats canadiens. C’est une manière pour l’armée d’aller chercher de l’expertise qui n’existe pas au pays. Bref, il n’y a pas de quoi en faire un plat, sinon pour questionner, dans une autre perspective, l’éthique qui permet de faire des affaires avec des corporations dont l’histoire recèle une panoplie de méfaits souvent odieux.

Cet a paru dans l'édition Février 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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