Oppression et mouvement révolutionnaire en Afghanistan

Octobre 2007 : Parwiz Khambakhsh, un journaliste étudiant, est arrêté pour avoir imprimé, distribué et diffusé sur internet un article contestant l’interprétation misogyne de certains versets du Coran. Il est emprisonné et condamné à mort. Ayant porté sa cause en appel, il attend le verdict. Le hic : Parwiz habite dans la province de Balkh, au nord de l’Afghanistan. Ce sont les juges de « l’État de Droit  » que la Coalition est en train de bâtir qui l’ont condamné.

Le 31 janvier dernier, quelques 200 manifestants protestent contre la sentence. Hamid Karzaï, le président afghan, dit ne pas avoir le pouvoir d’influencer le processus ou la décision. À ses côtés, le président du Sénat afghan, Sibghatullah Mojaddedi, laisse entendre qu’il appuie la décision rendue par le tribunal.

Ce cas spécifique est révélateur de la réalité quotidienne afghane dans les territoires contrôlés par des « gouvernement démocratique et libéral  » : il est possible de porter sa cause en appel, question de retarder sa sentence !

Mais plus intéressant encore est le fait que cette sorte d’abus ne passe pas inaperçu – du moins en Afghanistan – et que des protestations se font entendre. Le RAWA, (Revolutionnary Association of the Women of Afghanistan) est un groupe qui conteste activement ce qu’il appelle sans broncher « le fascisme religieux  » qui gouverne leur pays.

Malheureusement, en contestant ainsi l’autorité des dictateurs brutaux et sans scrupules qui sont soutenus par l’OTAN, ces femmes se privent du soutien occidental. C’est ainsi que les soldats canadiens se battent pour appuyer de nouveaux oppresseurs, délaissant des organisations civiles comme celle-ci, qui incarnent pourtant de manière bien plus authentique les idéaux de justice, de paix et de démocratie tant invoqués pour justifier la guerre.

Voir (http://www.rawa.org)

Cet a paru dans l'édition Février 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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