Le 27 décembre 2007, le président sortant du Kenya, Mwai Kibaki, était réélu. Suivirent des violences inter-ethniques qui ont fait, jusqu’à ce jour, 8000 morts et 600 000 déplacés, dont la moitié dans des camps. Les images de massacres à la machette ravivent la vision d’une Afrique « barbare » qui ne sait pas régler ses différends autrement. On devrait peut-être aussi mettre en évidence notre ignorance crasse de ce continent.

Le Kenya est un pays d’Afrique de l’Est. Il est bordé à l’est par l’Océan indien et la Somalie, au Nord par l’Éthiopie et le Soudan, à l’Ouest par l’Ouganda et au Sud par la Tanzanie.

Le Kenya est une ancienne colonie anglaise. Comme la plupart des pays africains, il est une mosaïque d’ethnies, de cultures et de peuples parlant une multitude de langues. Pour vous faire une idée du climat social, prenez la mésentente perpétuelle Canada-Québec et multipliez-la par 20.

Depuis l’indépendance, obtenue en 1963, deux peuples ont été immensément favorisés : les Kikuyus et les Kalenjin. Au gré des changements de présidents, la politique se fait sur cette base. Les Kikuyus, favorisés par le gouvernement au pourvoir de 1963 à 1978, puis de 2002 à nos jours, sont aujourd’hui victimes de leur succès : la rancoeur des plus défavorisés envers eux se déchaîne aujourd’hui à l’occasion de la réélection probablement frauduleuse de leur président protecteur, Mwai Kibaki.

Le Kenya était complaisamment représenté, d’un point de vue occidentalo-capitaliste, comme un modèle de stabilité et de prospérité. C’est fermer les yeux sur les violences politiques de 1982, 1984, 1990, 1992, 1997, 1998, 2005, 2007 et 2008… C’est fermer les yeux sur le fait que malgré que le pays soit le plus riche d’Afrique de l’Est, avec un PNB par habitant de 580 $, plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour. C’est fermer les yeux sur l’emprisonnement de Raila Odinga, le candidat à la présidence récemment défait, pendant 9 ans, durant le régime d’avant 2002, pour opposition politique.

Cet a paru dans l'édition Février 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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