L’ABC de la pige

Jacinthe Tremblay – Congrès de l’AJIQ 2008

Le congrès annuel de l’Association des journalistes indépendants du Québec s’est déroulé le 15 mars dernier. Parmi les ateliers proposés, l’ABC de la pige jetait un regard sur une facette peu connue du journalisme. Forte de plus de 20 ans d’expérience comme pigiste, Jacinthe Tremblay a animé cet atelier avec réalisme et humour.

D’entrée de jeu, la conférencière donne quelques conseils aux pigistes. Il est impératif de livrer ce qui était promis ou commandé. C’est une question de confiance. Le respect des délais, la longueur du texte, les exigences particulières du média, un minimum de fautes bref, les règles de base du journalisme ! Évidemment, la qualité de la recherche est essentielle et les erreurs factuelles sont à proscrire.

Selon la conférencière, les sujets à couvrir abondent mais certains sont meilleurs que d’autres. Il faut savoir si le sujet marche bien avec la publication, tout comme le goût des lecteurs et ceux de la personne à qui le sujet est proposé. Les questions importantes et d’actualité sont à privilégier, mais les sujets les plus couverts sont à éviter. Les élections primaires américaines sont un bon exemple de sujets qui marchent moins bien. Les grandes agences de presse, les médias de la plupart des pays et certains spécialistes, suivent déjà de près ce type d’événement.

La journaliste chevronnée livre quelques-uns de ses secrets. Avoir une idée géniale ne suffit pas, il faut aussi savoir la vendre. Il est bon de se rappeler que « les bonnes idées sont dans l’air du temps  ». Où trouver un bon sujet ? Partout ! Il ne faut toutefois pas perdre de temps à faire trop de pré-recherche. Proposer un sujet par courriel ? Selon Jacinthe Tremblay, c’est peu efficace. Le mieux est de parler directement aux gens par téléphone. Dans tous les cas, démontrer du dynamisme et de l’enthousiasme est une règle d’or. Tout le monde préfère travailler avec des gens agréables à vivre.

Le métier de pigiste est certainement le plus long chemin pour devenir salarié. De toute façon, être salarié n’empêche pas du tout de faire de la pige ! Pour être réaliste, environ deux ans sont nécessaires pour se faire un revenu. La pire chose est d’écrire pour des publications qui paient peu ou sur des sujets moins intéressants. Les stages ou les bourses peuvent permettre de travailler sur des sujets importants et stimulants. Dans certains cas, la pige permet aussi de voyager à l’étranger.

Pour les débutants ou pour quiconque voudrait prendre de l’expérience, « les médias régionaux et de quartier ne sont pas à négliger.  » Il y a des compétences à acquérir et les médias régionaux sont une excellente école. Jacinthe Tremblay considère qu’il y a une richesse incroyable derrière ceux-ci.

La pigiste de carrière a terminé l’atelier par un plaidoyer en faveur de Copibec, un organisme sans but lucratif qui gère les droits de reproduction pour ses membres. Il s’agit « d’augmenter concrètement ses revenus.  » L’inscription est gratuite et chèque à l’appui, les auteurs, qu’ils soient journalistes ou autres, reçoivent des redevances sur les œuvres protégées.

La conférencière a su partager sa longue et riche expérience de pigiste avec son auditoire. En plus de quelques trucs du métier, les anecdotes n’ont pas manqué de faire rire les participants. La journaliste a su transmettre sa passion pour son métier par sa simplicité et sa chaleur communicative.

Pour plus d’information :

http://www.ajiq.qc.ca

http://www.copibec.qc.ca

Cet a paru dans l'édition Mars 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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