Les débats sur les partenariats publics-privés sont à la mode depuis de nombreuses années au Québec, mais cette option appliquée au système de santé est certainement celle qui fait le plus peur aux gens. C’est pourquoi, depuis quelques semaines, le rapport Castonguay, concernant la place du privé en santé, sème bien des émois parmi les Québécois. Pourtant, peu de gens ont vraiment pris la peine de l’étudier, de peser le pour et le contre de telles propositions et surtout, de voir si appliqués au système de santé québécois, les partenariats publics-privés réduiraient les listes d’attentes, offriraient de meilleurs services et pourraient prévenir les répercussions du vieillissement de la population

Depuis plusieurs années, je milite pour que le privé ait une place dans le domaine de la santé. J’ai été agréablement surprise de voir que le rapport Castonguay abordait dans le même sens. Mes raisons sont multiples pour croire que ce changement de structure serait une bonne chose et ne croyez pas que je suis sans cœur et que je veux réduire l’accessibilité aux soins de santé, au contraire.

Une chose est claire : la population est vieillissante et le système de santé actuel est incapable de faire face à une telle perspective. Lentement, l’engorgement des hôpitaux commence à prendre le dessus sur l’accès aux soins de santé des Québécois. Ces signes sont visibles par le manque chronique de lits d’hôpitaux, par la pénurie de médecins, l’exode des cerveaux, par une attente intolérable dans les corridors des urgences, ou encore par le manque d’investissements dans les projets de recherche. Ces exemples ne sont que quelques-uns parmi tous ceux auquel le Québec fait et devra faire face dans les années à venir.

Présentement, c’est presque 40% du budget total du gouvernement qui passe dans la santé. Ce qu’il faut réellement, c’est retrouver l’accessibilité au système de santé et cela ne se fera pas en ajoutant toujours plus d’argent de la poche des gouvernements. Actuellement, près de 30% des Québécois sont toujours sans médecin de famille, ce qui pousse la majorité d’entre eux à se présenter à l’urgence pour un problème qui n’est pas urgent. Augmenter les heures d’ouverture des cliniques privées et encourager les jeunes médecins à pratiquer au Québec et dans ses régions pourrait rendre les soins de santé beaucoup plus accessibles.

De plus, l’idée de la place du privé dans le système de santé québécois, telle que proposée par le rapport Castonguay en février dernier, permettrait d’assurer « la pérennité du système de santé tout en augmentant sa productivité  ». Les différentes propositions parrainées par Claude Castonguay, proposent entre autres de permettre aux médecins d’exercer une pratique mixte, d’autoriser le recours à l’assurance privée, de remplacer la bureaucratie par une organisation de travail dynamique, mais également d’encourager les négociations entre les syndicats et le gouvernement pour améliorer les relations de travail. Ces propositions ne sont que quelques-unes parmi les différentes proposées par le groupe de travail.

Il est insensé qu’encore aujourd’hui, des gens attendent plusieurs années pour des chirurgies parfois importantes, que des parents doivent rester des heures à l’urgence pour permettre à leur enfant malade de voir un médecin et que la population toujours vieillissante ne réussisse pas à avoir un suivi adéquat de la part des médecins parce que le système est trop engorgé.

Le système de santé est vieillissant, tout autant que la population du Québec. Le réseau actuel ne peut plus répondre à la demande toujours grandissante et les recommandations du rapport Castonguay sont claires : ce n’est pas en investissant toujours plus d’argent que les choses vont s’arranger. Il est important de trouver de nouvelles solutions et de nouvelles perspectives pour que le Québec puisse faire face aux différentes problématiques reliées à la santé. Même si elle n’est pas la solution à tous les problèmes, la place du privé est une solution envisageable pour permettre à tous d’avoir accès à des soins de santé adéquats et de qualité. Vous pouvez toujours critiquer, mais pour tous ceux qui ne sont pas ouverts à ces propositions, Union Libre vous encourage à exprimer vos solutions. Bon débat!

Cet a paru dans l'édition Mars 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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