Élections législatives et référendum consultatif en Lituanie

Rue Pilies, Lituanie

Au mois d’octobre dernier, 2,7 millions de Lituaniens ont été convié aux urnes pour voter non pas une, ni deux, mais trois fois en raison de leur mode de scrutin proportionnel mixte à deux tours et d’un référendum portant sur la question de la fermeture de la centrale nucléaire d’Ignalina.

Élections législatives

Alors que certains canadiens méditent toujours sur leur choix électoral, le 12 octobre 2008, 2,7 millions de Lituaniens se rendent aux urnes. Or, les résultats des élections législatives lituaniennes ne sont connus que plus tard, soit le 26 octobre.

Un mode de scrutin proportionnel mixte à deux tours tient la population lituanienne en haleine. Le Seimas, Parlement monocaméral lituanien, est formé de 141 membres élus pour un mandat de quatre ans : 70 d’entre eux sont déterminés au scrutin proportionnel, chacun ayant impérativement obtenu au moins 5 % des voix exprimées, tandis que les 71 autres sont désignés au système uninominal majoritaire à deux tours. Plusieurs de ces 71 sièges sont disputés lors du deuxième tour, dans les circonscriptions où aucun candidat n’a obtenu une majorité claire, soit plus de 50 % des suffrages.

Suite aux résultats partiels du 12 octobre, le parti conservateur Homeland Union – Lithuanian Christian Democrats est en tête avec un peu plus de 19 % des voix, selon The Central Electoral Commission of the Republic of Lithuania. Or, gagner l’appui de la population n’est pas tâche facile en Lituanie puisque les partis n’ont accès ni à la radio ni à la télévision pour faire valoir leur plateforme électorale…ou salir leurs adversaires.

En Lituanie, comme au Canada, les conservateurs sont favoris, mais n’auront pas plein pouvoir. Le parti conservateur Homeland Union – Lithuanian Christian Democrats est talonné de près par deux forces populistes, le Rising Nation Party et le Party Order and Justice, et par l’ancien parti au pouvoir, le Lithuanian Social Democratic Party, qui tous ensemble devraient former une coalition. Cette montée conservatrice représente un grand changement, les socio-démocrates ayant dirigé le pays pendant les sept dernières années. Reste à voir si avec les conservateurs la Lituanie prendra des forces !

Pour connaître les résultats des élections du 26 octobre 2008, rendez-vous sur le site Internet de The Central Electoral Commission of the Republic of Lithuania (http://www.vrk.lt/en/).

Référendum sur la centrale nucléaire d’Ignalina

À pareille date, les électeurs lituaniens doivent aussi se prononcer par référendum sur la prolongation de l’exploitation de la centrale nucléaire d’Ignalina. Construite sous le régime soviétique, cette centrale devrait cesser ses activités, selon les conditions d’admission de la Lituanie dans l’Union Européenne, avant la fin2009.

Plus le temps file, plus la Lituanie redoute les problèmes énergétiques et économiques qu’entraîne la fermeture de la centrale. En effet, Žygimantas Vaičiūnas, étudiant au doctorat et professeur à l’Institute of International Relations and Political Science of Vilnius University, soutient que 70 % de l’électricité consommée en Lituanie est produite par la centrale nucléaire d’Ignalina. Les analystes et les autorités craignent une insuffisance énergétique qui causerait des pannes de courant et une hausse du prix de l’énergie infligeant d’importants dommages à une économie en ralentissement.

Forcée de se tourner vers le gaz naturel russe pour alimenter les autres centrales électriques, la Lituanie s’éloigne de l’objectif des émissions de dioxide de carbone fixé par l’Union Européenne. Surtout, elle accroît sa dépendance énergétique à la Russie, son fournisseur exclusif en gaz naturel.

Le référendum propose le maintien des activités de la centrale d’Ignalina jusqu’à ce que le projet de la nouvelle centrale nucléaire, élaboré par l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, soit complété. Prévu pour 2009, ce projet s’est vu retardé en 2015. Certains experts estiment même 2017-2020 être plus réaliste. Consultatif, le référendum n’a aucune valeur légale contraignante. Son poids est d’autant moindre que le taux de participation s’est avéré inférieur à 50 %, ce qui risque de l’invalider tout simplement. Le gouvernement lituanien tente de trouver des alternatives puisque le projet de la nouvelle centrale tarde à se mettre en branle et, si rien n’est fait, Ignalina fermera vraisemblablement ses portes à la date butoire.

Cet a paru dans l'édition Novembre 2008 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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