En 1917, ils étaient environ 95% à occuper le territoire délimité aujourd’hui par l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban. La même année, le ministre des Affaires étrangères britannique Arthur Balfour déclarait que le gouvernement envisageait favorablement l’établissement d’un foyer national pour un autre peuple sur ces terres. Depuis, un conflit se perpétue entre Palestiniens et Israéliens.

C’est en 1947 que les Nations Unies agissent dans le conflit israélo-palestinien en soumettant un plan de partage aux deux parties. Les Palestiniens, représentant 65% de la population à cette époque, se voient attribuer 44% du territoire. Lors d’une conférence prononcée à l’UQÀM en novembre dernier, le Palestinien Rezeq Faraj s’indigne : « L’ONU a dit : « On partage votre pays avec ou sans votre consentement ». Avec quel droit départage-t-on un pays ainsi ? »

Un conflit depuis le tout début

Les Frères arabes se sentent interpellés par l’injustice qu’ils y voient et « ce sont eux qui concrétisent la guerre  », ajoute M. Faraj. « S’ils n’avaient pas été là, on se serait entendu avec le peuple juif  », soutient-il. La guerre incessante a fait des milliers de réfugiés et plusieurs Palestiniens ont fui leur terre natale pour s’installer dans les pays arabes des alentours. « Ils ont attendu que la communauté internationale les aide. J’étais l’un d’eux, avec ma famille dans un carré de 10 par 12, sans toit où l’on nous donnait de la farine et du fromage jaune pour survivre. « Crevez dans des caves! » C’est ça, les Nations Unies ».

« Le mur de l’apartheid  » / « barrière de sécurité  » : l’assurance d’une division ?

Le tracé de 1947, appelé la « ligne verte  », confine les Palestiniens à deux territoires précis : la bande de Gaza, représentant une bande de territoire suivant le littoral méditerranéen à la frontière égyptienne, et la Cisjordanie, soit le territoire le plus à l’est, à la frontière jordanienne. À la suite de cette délimitation, Israël érige un mur de neuf mètres de haut pour protéger ses citoyens des menaces armées. Israéliens et Palestiniens sont alors plus que divisés ; ils sont physiquement séparés.

En érigeant ce mur de béton où les graffitis crient la liberté, l’économie palestinienne a drastiquement chuté. Bien qu’il soit possible de traverser cette « barrière de sécurité  » par les 641 points de contrôle, des zones de sécurité empêchent soit les Israéliens, ou soit les Palestiniens de traverser sans autorisation spéciale. Des travailleurs ont perdu leur emploi, des commerçants ont perdu leur clientèle, et des cultivateurs ont perdu leurs ressources naturelles. Israël a voulu dédommager les plus vulnérables, mais ceux-ci ont refusé. Au-delà de cette problématique, des familles ont aussi été séparées. Sur le côté palestinien, on peut y lire le graffiti « To Exist is to Resist  ».

En Israël, la barrière de sécurité est considérée comme une mesure temporaire pour diminuer les frictions. Lorsque le conflit sera terminé et que le nouveau tracé sera officiel, le mur changera son parcours ou encore, sera totalement détruit. En attendant, la barrière ne suit pas exactement la « ligne verte  » ; elle protège aussi les colonies israéliennes installées en Cisjordanie. Ces colonies seront aussi démantelées après le règlement du conflit, selon des sources israëliennes.

Des enfants qui arrivent avec des heures de retard, des femmes qui accouchent sur les points de contrôle, une université séparée en deux; qu’en pense le designer officiel du tracé, le Colonel Danny Tirza, responsable de la planification stratégique de la barrière de sécurité? Ce ne sont que de rares exceptions, en général les points de contrôle prennent moins de quinze minutes à traverser en voiture. Encore une fois, difficile de connaître la vérité dans ce conflit.

Un vent d’espoir en 1995

Avec les accords d’Oslo de 1995, Israël retire ses colons de la Bande de Gaza. L’espoir d’un règlement du conflit est palpable et l’Autorité palestinienne est mise sur pied. Israéliens et Palestiniens ont de hautes attentes et l’amertume est bien présente. Qu’arrivera-t-il de ces accords ?

D’un côté, Israël accuse la Palestine sous Yasser Arafat d’avoir bâti un casino inutile à Jéricho, d’avoir procuré des voitures de luxe aux dirigeants de l’Autorité palestinienne et d’avoir gaspillé toutes les ressources financières qu’avaient donné Israël pour la construction de l’État palestinien. Le journaliste israélien arabe Khaled Abu Toameh accuse les journalistes de refuser de briser l’image positive d’Arafat, par peur de détruire le héros national. Pourtant, « il n’a même pas bâti d’hôpital  », assure-t-il. Le militant Robert Bibeau refuse de porter la responsabilité sur la Palestine. « Malgré l’argent, où étaient les pouvoirs ? Israël conservait les pouvoirs réels et avait donné un pouvoir municipal à l’Autorité palestinienne. Gérer des écoles, des hôpitaux et des égouts, ce n’est pas avec ça qu’on fait une Constitution  ».

Et maintenant ?

« Tu vois, c’est comme un gorille qui se fait attaquer toujours par un moustique. Un jour, le gorille dit au moustique  »ça suffit" », nous image une jeune Israélienne. Pour protéger ses citoyens, Israël a réagi contre les attaques de roquettes; l’État-nation doit répondre à la préservation de sa souveraineté, de ses frontières, et de ses citoyens. Rencontré au Ministère des Affaires étrangères d’Israël, Joël Lion porte le blâme sur les ennemis d’Israël. Les menaces sur Israël fusent de tous les côtés, et il importe que l’État fort réponde aux transgressions qu’il subit, sous-entend-il. Un règlement du conflit est-il possible avec des solutions de dialogue alternatives ? « Nous avons tout essayé par la voie diplomatique. C’était la seule solution. Et vous savez, l’histoire du Moyen-Orient est très longue. Ces quelques années de guerre ne représentent qu’un infime morceau de l’histoire. L’avenir est devant nous  », nous répond-il.

Les Israéliens ont voulu éliminer le Hamas « qui tient prisonniers ses propres citoyens  » et l’esprit de résistance chez les Palestiniens. Déjà après une journée d’attaques israéliennes, l’État hébreu annonçait la réussite de ses opérations; plus de 95% des victimes étaient des membres du Hamas. Ont-ils vraiment réussi à éteindre la flamme de la résistance ? « Les membres du Hamas, ce sont des gens comme un adolescent de 15 ans qui voit sa mère et son frère mourir devant lui, la tête sous les décombres  », avoue M. Bibeau. Avec l’imposant bilan des victimes palestiniennes, force est de croire que le Hamas n’est pas mort, mais se prépare à être encore plus fort. Israël donne-t-il des coups dans le vide?

Cet a paru dans l'édition Février 2009 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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