Tout autour du conflit gravitent de nombreux acteurs qui jouent tous, à quelque part, un rôle. Examinée sous l’angle du conflit israélo-palestinien, la Communauté internationale apparaît plus que jamais comme une chimère. Si on essaie de s’en faire un portrait, elle est au mieux une personnalisation du chaos, au pire, une horrible caricature de la mesquinerie et de l’hypocrisie.

Les initiateurs

Tout près de Gaza, il y a Israël. En Israël, 78% de la population a appuyé la guerre. Les trois grands partis politiques – les travaillistes, à gauche, Kadima, au centre, et le Likoud, à droite – ont appuyé la guerre. En Israël, l’enjeu de la guerre, ce sont les élections : l’enjeu des élections, la sécurité. En Israël, la sécurité, c’est ne pas recevoir des roquettes sur la tête. Le parti au pouvoir, Kadima, a compris : s’il veut gagner les élections, il doit arrêter les tirs de roquettes.

Ce qui s’est passé est très simple. Les forces armées israéliennes ont violé la trêve un 4 novembre. Conséquence logique, les roquettes ont recommencé à pleuvoir. Kadima, voulant gagner ses élections, a décidé de frapper un grand coup et décrété l’attaque terrestre de la bande de Gaza. But : arrêter les attaques à la roquette.

Seul l’avenir dira si la stratégie était bonne pour autre chose que gagner des élections.

Les complices

Autour d’Israël et du Hamas, il y a les complices de la guerre.

Il y a les États-Unis, dont les candidats à toutes les élections reçoivent un financement important des lobbys juifs et pro-israéliens… en fonction de leurs prises de position sur le conflit. Aux États-Unis, il est beaucoup plus facile d’être élu si on appuie inconditionnellement Israël : les fonds de campagne gonflent mystérieusement.

Aux États-Unis, le Congrès réaffirme à toutes les occasions propices – comme au début de la dernière guerre – le « droit d’Israël à se défendre  ». Peu importe s’il est l’agresseur. Et que le Congrès soit démocrate ou républicain ne change rien. Les deux partis ont compris que, mis à part leurs intérêts électoraux, Israël est un allié précieux et indéfectible, une puissance atomique et militaire dans la région la plus riche en pétrole au monde.

Il y a l’Europe, traditionnellement plus modérée dans ses prises de position, sans jamais aller jusqu’à être pro-palestinienne. Mais avec la présidence européenne de Sarkozy – récemment achevée – la politique extérieure de l’Union européenne envers Israël a été calquée sur celle des États-Unis.

Il y a la Ligue Arabe. Celle-ci n’est même pas parvenue, en raison de ses divisions internes, à élaborer une stratégie commune de reconstruction de Gaza. L’Égypte et l’Arabie Saoudite notamment refusent de donner l’argent au Hamas. Ces deux poids lourds se méfient de cette organisation et du soutien qui lui est apporté par la Syrie, la Jordanie et l’Iran. Les liens très serrés qui le rattachent aux Frères musulmans, organisation intégriste qui conteste ouvertement le pouvoir établi en Égypte, sont une autre source de la profonde discorde qui règne dans le monde arabe – et donc dans la Ligue. Alors que le Qatar et la Mauritanie ont rompu leurs liens diplomatiques avec Israël pour protester contre la guerre, l’Égypte adopte précisément l’attitude inverse et garde fermée sa frontière avec Gaza, empirant le blocus israélien.

Il y a même le Canada, dont le premier ministre, à l’instar du deux fois président Nicolas Sarkozy, a aligné son attitude vis-à-vis d’Israël sur la ligne états-unienne. Dans un effort tout à fait surprenant, l’État canadien a spectaculairement détruit son image de promoteur de la paix et du droit : il a été le seul à voter contre la résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui dénonçait la catastrophe humanitaire causée par Israël à Gaza.

Les spectateurs

Il y a finalement le vaste groupe des impuissants spectateurs. Certains restent pratiquement cois, ne voyant pas l’intérêt qu’il y a à tremper dans ce bouillant imbroglio. La Russie, la Chine, l’Inde, par exemple, restent à l’écart.

Il y a l’ONU, évidemment. Le Conseil de Sécurité a appelé à l’unanimité à la cessation des hostilités – avec l’abstention des États-Unis – mais c’était un appel, presque une demande, et pas un ordre. Aucune autre mesure n’a été prise.

Le Conseil des droits de l’homme a dénoncé énergiquement les agissements d’Israël et sa responsabilité dans la crise humanitaire à Gaza; apparemment, l’opposition unique du Canada a paru suffisante à Israël pour qu’il s’en contrefoute.

C’est ainsi que la guerre est possible poursuit son cours et que le monde laisse faire.

Cet a paru dans l'édition Février 2009 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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