Joindre le geste à la parole

Manifestation à Canberra en vue des négos de Copenhague

À la veille de la Conférence de Copenhague (COP15), au Danemark, sur les changements climatiques où les chefs d’État et de gouvernement devraient renégocier un accord international sur le climat qui remplacera le Protocole de Kyoto prenant fin en 2012, plusieurs citoyens se mobilisent afin que cette conférence ne soit pas tenue en vain.

Aux Maldives, le président (et ex-prisonnier politique) de la République Mohamed Nasheed a organisé le premier conseil des ministres sous-marin de la planète. Après deux mois d’entraînement et à six mètres sous le niveau de la mer, Nasheed et trois de ses ministres (sur quatorze) visent à alerter le monde des dangers de l’élévation du niveau de la mer pour son pays et les autres membres de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS). Dans les médias, les Maldives sont connues pour le climat et les belles plages, mais « 60 centimètres d’augmentation du niveau de la mer suffisent pour rendre 600 îles [sur 1200] inhabitables vers 2100  », rapporte le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Ce coup politique faisait partie d’une campagne mondiale chapeautée par 350.org, une organisation non-gouvernementale (ONG) des États-Unis fondée en 2007 par Bill McKidden, écrivain et environnementaliste spécialisé dans les énergies renouvelables. Cette campagne, qui a culminé avec le 1er International Day of Climate Action le 24 octobre 2009, a été faite en prévision de la COP15 de décembre 2009. D’après la chaîne de télévision états-unienne CNN, « International Day of Climate Action a été la journée d’action politique la plus importante et répandue de l’histoire  ». 350.org rapporte 5 245 actions (tel que : des formations humaine géante du chiffre 350, des marches, des dîners « carbone-neutre  », des plantations d’arbres, etc.) dans 181 pays. Au Canada, des actions ont été organisé en Colombie-Britannique, Saskatchewan, Alberta, Ontario, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse. Au Québec, faut croire que tout le monde était davantage occupé avec leurs préparatifs d’Halloween…

Une autre ONG qui cherche également à influencer les agissements des politiciens pour COP15 est Greenpeace. Désirant confirmer l’exactitude de la déclaration d’Yvo De Boer, secrétaire de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, qui disait n’avoir « jamais vu auparavant la question du climat placée si haut sur l’agenda des dirigeants du monde  », elle a publié un classement de 11 pays en fonctions de leurs performances en politiques environnementales. Les États (ou plutôt les chefs d’État et de gouvernement) se voyaient attribuée une note sur 10 points. « Les 4 principaux critères du palmarès sont les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les financements pour faire face au dérèglement du climat, les ambitions concernant la protection des forêts, la nature du cadre légal proposé et le leadership manifesté en matière de politique climatique  ». Les résultats sont vraiment surprenants. Comme toute ONG, Greenpeace a évidemment un agenda et veut mettre de la pression sur les dirigeants politiques des pays développés, mais tout de même leurs résultats sont basés sur le rapport Stern 2006 du GIEC.

Selon Greenpeace, le classement « montre que les pays en développement font des efforts réels en matière de politique climatique. Il détruit l’idée préconçue et bien travaillée par les pays industrialisés selon laquelle les pays en développement empêchent les pays développés de lutter proprement contre le changement climatique  ». La première place revient au premier ministre Apisai Lelemia de l’archipel de Tuvalu, État de l’océan Pacifique et membre de l’AOSIS, avec une note de 8,7 sur 10. En deuxième et troisième place se situe la Chine (5,9) et l’Inde (5,3), respectivement. La Chine crée toute une surprise, mais d’après le site Web de la COP15, la Chine est en voie d’atteindre ses objectifs (par exemple, la réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre pour 2010). Néanmoins, « la part d’énergie fossile utilisée reste tout de même grande  », déplore Greenpeace. Le reste du palmarès va comme suit : Brésil (5), Indonésie (4,2), Royaume-Uni (4,5), Allemagne (4,5), France (3,7), Pologne (3,5), Espagne (2,8) et États-Unis (0,8). Le président Obama obtient un point pour la législation climatique américaine après huit ans d’inertie sous W. Bush. Les objectifs de cette législation sont toutefois faibles, d’après Greenpeace. Comme quoi Barack Obama sourit plus qu’il n’agit en matière de politiques environnementales…

D’après les scientifiques réunis depuis mars 2009 à Copenhague, « le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser  ». Il faut donc espérer qu’avec tous ces signaux d’alerte, les actions citoyennes et les résultats des différentes politiques environnementales des États orientent les dirigeants politiques vers la bonne direction et qu’ils concluent rapidement un traité inclusif et efficace.

Toutes les actions de 350.org prises en photos sont disponibles sur leur site Web 350.org. Jusqu’à présent, il y a 22 000 photos. L’article de Zhenhua Xie intitulé « La Chine agit face aux changements climatiques  » donne un meilleur aperçu des politiques environnementales chinoises.

Cet a paru dans l'édition Novembre 2009 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

Commentaires