Quand Gisele s’en mêle

Gisèle Bündchen, ambassadrice de l’ONU en environnement

« L’environnement a toujours été ma passion. J’ai grandi dans une petite ville dans le sud du Brésil et j’ai eu l’occasion de vivre entourée par la nature. Je n’aurais pas pu avoir une meilleure enfance. Il faut agir afin que les générations futures aient la même opportunité. »

Si émouvant, poignant. Vous pouvez allez essuyer la larme qui coule doucement sur votre joue. Ce témoignage vient nous chercher au plus profond de nos tripes, vous ne trouvez pas ?

L’Organisation des Nations Unies a été du même avis et il n’en fallait pas plus pour choisir la magnifique et pulpeuse brésilienne Gisele Bündchen comme, et rien de moins, ambassadrice de bonne volonté des Nations Unies pour l’environnement, lors d’une cérémonie à Washington Square. J’espère que vous vous sentez rassurés en ce moment, en sentant que notre environnement est ENFIN entre de bonnes mains parfaitement manucurées de couleur classique. L’ancienne effigie de la marque américaine de sous-vêtements Victoria’s Secret, que le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement s’est empressé de qualifier d’« environnementaliste convaincue et passionnée », occupera donc un des postes les plus significatifs et convoités en matière d’environnement sur la scène internationale. Elle aura pour mission de sensibiliser la population sur les dangers du réchauffement climatique. Créé en 1972, ce programme est la plus importante autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Comme précisé sur le site de l’organisme, « il joue le rôle de catalyseur, de défenseur, d’instructeur et de facilitateur œuvrant à promouvoir l’utilisation avisée et le développement durable de l’environnement mondial.  » Une tâche capitale et complexe demandant une connaissance approfondie de domaines tels que l’écologie, la biologie ou encore la science environnementale. Bref, que peu de gens peuvent accomplir.

La question qui se pose est jusqu’où les organisations internationales sont-elles prêtes à aller pour augmenter leur visibilité. Effectivement, en quoi le regard de braise de la Brésilienne réussira-t-il à convaincre les non-environnementalistes de reconsidérer leurs priorités ? Il est très difficile de croire que Gisele Bündchen ait été choisie minutieusement entre les candidatures pour ce poste d’ambassadrice, n’ayant pas fait ses preuves ni en politique, en diplomatie, en science, en biologie ou en économie… Il ne s’agit pas ici de douter des capacités intellectuelles de qui que ce soit; seulement de remettre en question et cela, de manière légitime, cette désignation à signification hautement importante et symbolique sur la scène internationale. Au nombre de scientifiques et d’environnementalistes qu’il existe aux quatre coins du monde, il serait intéressant d’entendre la plaidoirie des Nations Unies pour défendre ce choix. Selon le directeur du programme Achim Steiner, il se justifierait du fait que « Gisele fait partie des quelques personnes de talent et des personnalités qui ont une audience véritablement mondiale.  » Talent… en quoi ? Monsieur Steiner ne considère pas nécessaire de nous donner plus de précisions à ce sujet.

Il est évident que certaines personnalités peuvent avoir plus d’influence que d’autres sur la scène internationale et plus de capacité à se faire écouter. Cela est normal. Cependant, le choix du mannequin pour sous-vêtements Gisele dans ce contexte semble absurde et dérisoire, surtout pour une question actuelle aussi cruciale que celle de l’environnement. À ceux et celles qui rêvent un jour de travailler pour cette organisation centrale et réputée qu’est l’ONU : rassurez-vous ! Étonnamment, une collection de baccalauréats, maîtrises, doctorats et stages au bout du monde n’est pas un pré-requis. Cependant, une pratique de votre démarche et de votre regard langoureux peut toujours s’avérer utile…

Cet a paru dans l'édition Novembre 2009 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

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