Le 12 janvier dernier, l’AFESPED annonçait la démission de trois de ses exécutants : Renaud Poirier St-Pierre, coordonnateur général, Joëlle Naud, coordonnatrice à l’externe, et Katherine Ruault, secrétaire générale, quittaient l’association des étudiants en science politique et droit. Ces trois postes vacants s’ajoutent à celui de trésorier, laissé libre par Christophe De Blois le 16 octobre 2009.

Malgré les apparences, ces départs survenus en bloc n’étaient pas prévus ainsi. Renaud Poirier St-Pierre a remis sa lettre de démission en décembre 2009. L’échec de la décentralisation, le dogmatisme et le type de militantisme du mouvement étudiant québécois l’ont poussé à quitter l’AFESPED. Quant à elles, Joëlle Naud et Katherine Ruault ont avant tout quitté l’UQAM avant de quitter l’AFESPED. Joëlle Naud précise : « Je n’ai aucune idée quant à ce que j’aurais fait si je n’étais pas partie étudier dans un autre pays à l’hiver. Je ne me suis jamais vraiment posé la question étant donné que je devais quitter, peu importe mon état d’esprit. Mais j’aurais probablement quand même démissionné, oui. Renaud et moi nous sommes présentés en équipe et lorsqu’il a démissionné, je partageais beaucoup son découragement. C’est aussi vrai pour Katherine, qui devait également partir et qui était, autant que Renaud, une coéquipière indispensable. »

Point de vue d’un nouvel exécutant

Vincent Martin, élu au poste de coordonnateur général de l’AFESPED lors de l’Assemblée générale du 27 janvier, explique son opinion vis-à-vis des propos tenus par Renaud Poirier St-Pierre. « Nous sommes à quelque part tributaires d’une logique administrative qui nous échappe. Nous n’avons pas choisi ce que serait le partage des départements quand l’administration a décidé de créer la Faculté de science politique et de droit. Au niveau politique, ça nous confronte à des communautés qui n’ont pas nécessairement les mêmes orientations générales.

C’est certain qu’il y a des résistances. Tu ne peux pas arriver dans une association et promettre du changement sans froisser personne. Il y a toujours des gens qui apprécient les choses telles qu’elles sont. Ça peut choquer.

Il y a un jeu politique interne à l’AFESPED. Nous savons qu’il y une « game  » qui se joue et ça ne sera pas nécessairement évident de poursuivre ce qui est en cours. En même temps, l’inertie n’est pas mieux. »

À propos de la décentralisation?

« Présentement, jusqu’à preuve du contraire, les modules parviennent à fonctionner. L’AFESPED a de la difficulté. Est-ce que les associations modulaires lui prennent trop de pouvoir et de légitimité? Peut-être. En même temps, en disposant d’assemblées générales plus restreintes et fonctionnelles, elles sont présentement dépositaires, dans l’état actuel des choses, d’une légitimité peut-être plus grande que celle qu’un exécutif facultaire peut réclamer.

La meilleure solution c’est d’y aller avec les constituantes les plus proches. Sans dire qu’il faut surcharger les modules, la décentralisation est nécessaire dans la mesure où elle nous permettra de nous réaliser dans nos différences et de fonctionner en commun sur les choses qui se rejoignent.

Si on abolissait l’AFESPED, il faudrait quand même une instance pour décider qui fournirait un délégué sur chacun des comités. Au final, on [se donnerait] une carcasse d’association facultaire. Tant qu’à se créer des squelettes, aussi bien mettre de la chair autour de l’os et en faire un organe qui existe vraiment. C’est un incontournable, il faut qu’on se parle.  »

L’Assemblée générale du 27 janvier dernier a donc permis de combler deux postes vitaux au sein de l’exécutif, le poste de Secrétaire générale ayant été confié à Anick Longpré. Il restait cependant, au moment où ces lignes étaient écrites, deux sièges vides. Une fois la nouvelle équipe mise en place, elle aura pour tâche de redonner une vocation à l’AFESPED.

Cet a paru dans l'édition Février 2010 de l'Union Libre. Si vous souhaitez y réagir, nous vous invitons à écrire un article qu'il nous fera plaisir de publier. Alternativement, vous pouvez laisser un bref commentaire ci-dessous.

Commentaires

Personne n'a encore commenté cet article.