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  • Comité de lutte contre le racisme systémique et le colonialisme (Comité LRSC) du SETUE

Contre le génocide et l’apartheid du peuple palestinien, pour un syndicalisme internationaliste !


Le Comité de lutte contre le racisme systémique et le colonialisme (Comité LRSC) du Syndicat des Étudiant-e-s Employé-e-s de l’Université du Québec à Montréal (SETUE) affirme fermement son soutien inconditionnel au peuple palestinien dans sa lutte contre le colonialisme, l’impérialisme et l’apartheid perpétrés depuis plus de 100 ans.


Nous dénonçons l’entité sioniste (Israël) et la complicité des soi-disant Québec et Canada et d’autres États impérialistes occidentaux, ainsi que les médias corporatistes qui couvrent, rationalisent et soutiennent inconditionnellement Israël et encouragent la guerre et l’extermination de la Palestine. Nous dénonçons le silence et la passivité du milieu syndical et académique, dont l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Nous dénonçons les prises de position de neutralité des institutions universitaires qui normalisent la hiérarchisation des vies humaines au profit des plus privilégié-e-s et qui restreignent les débats politiques sur le sujet de la résistance face à l’occupation coloniale. Ces légitimations façonnent des politiques internationales soutenant la violence sioniste, plutôt que de soutenir l’accès des Palestinien-ne-s au droit à la vie, à la libération et à la dignité. L’impunité accordée aux forces d’occupation israéliennes doit cesser aujourd’hui.


Avant tout, nous croyons qu’il n’est pas possible de se prononcer sur l’apartheid en Palestine sans dénoncer le colonialisme qui se déroule ici même : le soit-disant Canada a été fondé sur le vol des terres, le génocide et le déplacement forcé des peuples autochtones. Alors que nous écrivons ce communiqué à Tiohtià:ke sur l’île de la Tortue, ne nous devons-nous pas de questionner continuellement nos propres complicités face à la colonisation de peuplement du soit-disant Québec et Canada ? Pour les Peuples autochtones, dont les terres n’ont jamais cessé d’être accaparées de manière structurelle, leurs réalités actuelles préfigurent l’avenir du peuple palestinien.


C’est pour cette raison que nous croyons que la lutte palestinienne pour la libération est un symbole pour toutes les populations à travers le monde qui sont encore sous domination coloniale.


Genèse des expansions impérialistes et coloniales

Nous tenons à rappeler que les violences coloniales dont subit le peuple palestinien prennent leur origine il y a plus de 100 ans, à l’époque de la colonisation européenne. Les violences territoriales ont germé avec l’Accord Sykes-Picot de 1916, lorsque la Grande-Bretagne et la France se sont partagé l’Empire ottoman en délimitant les frontières du soi-disant Proche-Orient. En 1917, par la Déclaration de Balfour, la Grande-Bretagne a formalisé son appui au sionisme en se positionnant en faveur d’un établissement en Palestine « d’un foyer national pour le peuple juif », c’est la première étape de la création d’Israël qui sera une assise des puissances impérialistes dans la région.


Depuis plus de 75 ans, les Palestinien-ne-s vivent les violences coloniales ininterrompues de l’État d’Israël en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, à Sheikh Jarrah (Jérusalem Est) et dans tous les territoires occupés. Les bombardements israéliens actuels à Gaza s’inscrivent dans la continuité du nettoyage ethnique commis en 1948 contre les Palestinien-ne-s et de la répression continue en Palestine depuis lors. Les discours israéliens de légitimation du colonialisme effacent l’histoire et la culture de la Palestine, en plus de procéder à l’assassinat, à l’emprisonnement, à l’expropriation des Palestinien-ne-s. L’accaparement structurel des terres palestiniennes va de pair avec des techniques discursives d’une efficacité symbolique terrifiante tant elles dénigrent la vie et ses possibles.


Alors que l’attaque génocidaire des colons israéliens contre Gaza et le reste de la Palestine se poursuit depuis plus d’un mois, plus de 12 000 Palestinien-ne-s ont été assassiné-e-s par Israël. Plus de 1.1 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et leur nombre ne cesse d’augmenter. Ni l’électricité, ni l’eau, ni le carburant, ni la nourriture ne sont actuellement autorisés à entrer dans la bande de Gaza. Aucun matériel médical n’est disponible pour répondre aux besoins des blessé-e-s et des malades.


Pour syndicalisme internationaliste

En quoi la Palestine est-elle une question syndicale? Les travailleur-se-s palestinien-ne-s luttent aussi pour de meilleures conditions de travail incluant les avantages sociaux, la protection en matière de santé et de sécurité ainsi que le droit à la négociation collective. Or, cette lutte est matériellement impossible sous occupation. Vous n’êtes pas sans savoir que les travailleur-se-s palestinien-ne-s sont incessamment soumis-e-s à un contrôle territorial militarisé.


Dans cette perspective, la lutte pour un travail décent et des conditions de travail équitable des travailleur-se-s palestinien-ne-s est inextricable à la libération nationale dans le contexte d’apartheid et de colonisation.


Rappelons que depuis 2017, le SÉTUE possède un mandat de Boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) envers l’entité d’Israël. Depuis, le SÉTUE s’est engagé à « dénoncer l’apartheid israélien et la complicité des gouvernements canadiens et québécois [...] et d’appliquer activement un boycott académique et culturel [...] pour faire cesser toute collaboration avec les institutions et entreprises participant à la colonisation de la Palestine ». Nous soutenons que si Israël se retrouvait isolé politiquement et économiquement, il pourrait difficilement continuer à exercer ses méthodes d’apartheid.


Considérant le paroxysme génocidaire, nous croyons qu’il est plus que primordial pour le SÉTUE d’honorer sa tradition anti-impérialiste et anticoloniale en réaffirmant et renforçant son mandat BDS. Nous demandons au SÉTUE de rejoindre le réseau Labor4Palestine et leur campagne syndicale contre l’apartheid/Labour Against Apartheid en concordance avec l’appel de Workers in Palestine qui sollicite les syndicats internationaux pour mettre terme au commerce d’armes avec Israël. Enfin, nous appelons le SÉTUE à porter ces revendications au sein de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) qui est le syndicat national auquel il est rattaché.


Concrètement, nous demandons à l’université de couper tout lien avec les entreprises et les organisations qui financent l’occupation et le génocide du peuple palestinien. La Fondation de l’UQAM doit cesser son partenariat avec la Banque Scotia, la Banque Royale du Canda (RBC), le groupe AXA et la caisse de placement et dépôt du Québec qui sont complices de l’occupation et de l’état d’apartheid israelien. Qui plus est, l’UQAM doit mettre fin aux programmes ou collaborations avec les universités israéliennes et le gouvernement israélien, tels que l’entente générale avec le Interdisciplinary Center Herzliya en Israël ou le programme de coopération bilatéral Québec-Israël.


Intimidation et racisme

Depuis quelques semaines, nous avons été témoins de campagnes de diffamation, d’intimidation et de harcèlement à l’encontre de personnes manifestant leur solidarité avec le peuple palestinien. Des travailleur-se-s canadien-ne-s ont été pris-e-s pour cible par leurs employeurs pour avoir soutenu les droits des Palestinien-e-s dans différents milieux professionnels. En ce sens, nous soutenons le groupe Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR) à McGill, la Fédération des étudiants et étudiantes de l’Université de York, et l’Association des étudiants et étudiantes de cycle supérieur de l’Université York qui, suite à leur prise de position, ont reçu un backlash de leur établissement qui s’est traduit par des menaces de dissolution et d’expulsion.


Conséquemment, le SÉTUE se doit d’envoyer un message clair à ses membres : si vous faites l’objet de remarques, pressions, mesures disciplinaires ou de non-renouvellement d’un contrat pour avoir exprimé votre culture palestinienne et/ou votre solidarité avec la Palestine, ou si, au travail, vous subissez du racisme (incluant l’islamophobie) sous n’importe quelles formes, le SÉTUE défendra vos droits d’employé-e-s.


Nous invitons les membres touchés par ces enjeux à contacter le SÉTUE et/ou le comité LRSC pour partager vos questionnements et inquiétudes.


Soutenir la libération de la Palestine

Trop de chercheur-e-s et militant-e-s qui parlent d’antiracisme, d’anti-oppression, d’intersectionnalité ou de décolonisation, dont certain-e-s font carrière ou publient sur le sujet, restent silencieux-se-s face au génocide. On les voit! Nous rappelons qu’une véritable posture intersectionnelle et décoloniale se traduit d’abord dans la praxis et tend vers la justice sociale. Il est de notre responsabilité d’amplifier les voix et de soutenir les luttes pour la libération. De ce fait, en continuité des appels mondiaux de solidarité des syndicats palestiniens et canadiens, nous demandons au SÉTUE d’accéder à nos demandes et d’exiger de l’administration, du corps professoral et enseignant de l’UQAM :

  • la fin du génocide en Palestine par un cessez-le-feu immédiat, par l’ouverture d’un couloir humanitaire vers la bande de Gaza et la fin du siège de la bande de Gaza;

  • de réclamer l’arrêt de l’expropriation des territoires palestiniens à Jérusalem-Est, dont le quartier Sheikh Jarrah, par les colons israéliens appuyés par l’armée;

  • de revendiquer la libération de l’ensemble des prisonnier-ère-s politiques palestinien-ne-s et la fin des détentions et arrestations arbitraires;

  • de promouvoir le droit de retour des réfugié-e-s palestinien-ne-s ;

  • d’exiger la fin de l’occupation de la Palestine et du régime d’apartheid;

  • de se positionner publiquemenent en solidarité avec le peuple palestinien dans sa lutte contre le colonialisme et l’impérialisme.


Au sein de notre comité, dont le cœur des luttes porte sur les enjeux touchant le racisme systémique et le colonialisme, il est de notre responsabilité de briser le silence, prendre parole et porter la voix des subalternes qui (sur)vivent le trauma et la pérennisation de ces systèmes d’exploitation. Nous devons, plus que tout, sensibiliser la communauté uqamienne et syndicale et mettre de l’avant la lutte de la libération de la Palestine et de tout peuple opprimé.


La Palestine vivra,

La Palestine vaincra !

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