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  • Frédéric Pigeon

Le dérapage à droite du Québec

Dernière mise à jour : 2 déc. 2022


Le 3 octobre dernier, la population québécoise était convoquée aux urnes pour élire leurs représentants ou représentantes pour les quatre prochaines années. Sans grosse surprise, la Coalition Avenir Québec (CAQ) fut facilement réélue avec une majorité plus forte que lors des élections de 2018.


Les deux vieux partis : le Parti libéral du Québec et le Parti Québécois perdent des plumes tandis que Québec Solidaire augmente sa députation de 1 député. Il reste que cette élection a montré et prouvé que le mode de scrutin québécois est désuet et malade en plus d’une société qui tourne dangereusement à droite.


Un mode de scrutin antidémocratique


Le mode de scrutin est antidémocratique et se doit d’être changé. Il est illogique qu’un parti qui récolte 41 % des votes puisse avoir 70 % des sièges et que le 4e parti en matière de voix (PLQ) puisse être l’opposition officielle. Tandis que QS, arrivée 2e en termes de voix, a 11 sièges. Bien que je rejette les idées de ce parti, il reste autant problématique que le Parti conservateur du Québec n’ait aucun député quand ils ont reçu 13 % du vote. Il est grand temps d’un changement de scrutin ou toutes les voix comptent qu’on habite dans La Petite-Patrie, qu’on habite à Matane, qu’on habite à Kirkland ou qu’on habite à Victoriaville.


La dérive dangereuse de la société québécoise


Le plus gros problème que cette élection a démontré est que nous vivons un mouvement de la fenêtre d’Overton vers la droite.


Quand Québec Solidaire propose que les personnes ayant plus de 1 million de dollars paient 0,01 % de plus, c’est radical, c’est inacceptable et QS veut rendre le Québec communiste, disent certains gens dans les médias et la société. Tandis que Éric Duhaime fut passé comme quelqu’un de controversé. On parle de quelqu’un qui a déjà encensé Pinochet, qui pense que les noirs n’ont pas de héros, que mettre une tête de porc devant les portes d’une mosquée est une bonne blague, que l’homophobie n’existe pas au Québec, que l’idée d’abolir le conseil du statut de la femme, la fédération des femmes du Québec et le secrétariat à la condition féminine. Et le pire, on parle de quelqu’un qui pense que l’idée de brûler les itinérants et itinérantes au napalm est une bonne idée.


La lâcheté sur l’immigration.


Aussi, je ne peux omettre de parler de la dérive de la fenêtre d’Overton sur le sujet de l’immigration. Il y a 20 ans, un ou une ministre de l’Immigration ne dirait jamais des propos de la même nature que les propos de l’ancien ministre de l’Immigration à l’heure que j’écris, M. Jean Boulet. Si c’était le cas, il aurait perdu son ministère le lendemain matin et même surement expulsé de son parti. Aujourd’hui, il perd son ministère, mais garde son ministère du travail. Le premier ministre n’est pas mieux avec ses propos ou il fait l’équation « immigration = violence ». C’est triste, mais la réalité est qu’aujourd’hui, des partis politiques, dont précisément deux sur la scène provinciale, vont jouer dans la lâcheté et la facilité de s’attaquer à l’immigration au lieu de proposer un projet de société audacieux.


Bref, nous assistons en ce moment à une dérive vers la droite au Québec au niveau des discours et le Québec a un système démocratique brisé. Il faudra se poser de grosses questions sur comment combattre et empêcher que la dérive continue.


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