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« Si on ne vous donne pas de siège à la table, apportez une chaise pliante » (Shirley Chisholm)

Mackenzie Dagenais
il y a 6 heures
2 min de lecture

Mackenzie Dagenais


Les milieux militants de gauche essaient de recruter avec peine et misère. On veut que des nouveaux, mais surtout des nouvelles se joignent au mouvement. Pour entrer dans un milieu militant de gauche, il faut déjà y connaitre quelqu’un. Une fois entré, il faut réussir à pénétrer la clique, sinon le sentiment d’exclusion arrive au galop. Le rejet se manifeste à travers l’exclusion à des évènements ou par le fait de ne pas avoir été au courant d’informations importantes.


Lorsque tu les apprendras, ces informations étaient déjà connues de tous. La clique s’est déjà réunie sans toi, donc tu ne sais pas ce qui s’est dit. Tu te mets à imaginer des choses. Tu te demandes s’ils ont parlé dans ton dos. Tu ne dois pas parler trop fort ou prendre trop de place, sinon le boys club se sentira menacé. Être dans la clique, c’est un peu comme avoir gagné au gros lot : avoir la bonne personnalité et avoir été là au bon moment. Questionner sa valeur pour réaliser que le problème est juste d’avoir perdu à la loterie sociale. 

On pense qu’on est mieux jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on reproduit exactement le même comportement envers les nouveaux étudiants. Une fois rentrée dans la clique, on adopte l’idée que c’est chacun pour soi. On exclut les nouveaux sans le vouloir. On parle d’évènements où ils n’étaient pas présents. Surtout on parle dans le dos des absents et même des absentes en se justifiant qu’on est donc de meilleures personnes. Les habitudes de la clique n’ont pas besoin d’être motivées par de mauvaises intentions pour se perpétuer. L’effet de gang comme la clique aide à ce que les femmes continuent d’être marginalisées dans les groupes militants. 

Être une femme dans un milieu militant, c’est toujours se heurter à un mur invisible créé par le patriarcat. En étant une femme, il faut toujours bûcher pour se faire entendre. Il faut se battre pour faire sa place. Lorsqu’un homme dit la même chose que les femmes, on le croit directement et l’opinion devient valide. Les hommes peuvent parler fort sans jamais se le faire reprocher. 

Toute la charge d’une association militante revient souvent sur les épaules d’une femme que ce soit pour les tâches administratives ou pour le ménage. Dénoncer ne suffit plus: il faut agir. Les autres femmes remarquent le problème et elles décident d’aller de l’avant pour lui enlever une charge mentale, pendant que les hommes du groupe s’y désintéressent ou n’y voient aucune d’importance. Une fois que le problème est nommé, celui-ci est dévalorisé le plus possible par les hommes. Ils disent que c’est de l’exagération. 

On prend des initiatives. On fait des actions, mais arrive toujours le moment qu’on frappe le mur et qu’on doit se relever pour foncer deux fois plus fort.


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