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  • Justin Caouette

L’union libre de refuser des poèmes

Courts paragraphes sur une polémique insubstantielle


« Oui, un poème c’est crissement politique

Parce que l’art est politique

Que ça te plaise ou pas »


Évidemment, l’art est politique, que ça plaise ou pas. En articulant davantage cette proposition, on peut percevoir que la force rhétorique du graffiti réside dans le contraste entre la première utilisation du mot politique et la seconde.


Cette figure de style, nommé l’antanaclase, consiste en répétant un mot en lui donnant une autre signification également reçue, mais toujours en conservant son sens propre. Dans notre cas, les deux itérations du mot semblent impliquer un lien différent entre l’art et le politique. Dans notre cas, pour articuler cette différence, nous devrons transitionner la vision du politique comme objet pour penser le politique comme force. En somme, pour expliquer si l’art est politique, il faut d’abord se poser la question : qu’est-ce que peut être l’art politiquement ?


L’art est constitué par le politique. Sa production même est produite dans un champ discursif nécessitant l’intervention du politique comme moment régi par des dynamiques de pouvoir et d’antagonisme. Selon cette proposition, que je défends, l’art est politique. Cette conception mènerait ainsi au très cliché : « ToUt eSt PoLiTiQue ». Acceptons le cliché en affirmant que l’art est politique, dans la mesure où l’art est politiquement constitué.

Cependant, il serait contre-productif d’argumenter que tout art est politiquement pertinent. La pertinence politique de l’art réside dans sa capacité à articuler un imaginaire qui permet la mise en équivalence de plusieurs luttes. Cette fissure laisse place à l’art comme pratique discursive pertinente dans la conception d’un imaginaire hors de l’hégémonie actuelle, permettant ainsi une réactivation du politique.


En affirmant la pertinence comme historiquement constituée et normative, on peut replacer l’art dans un environnement qui lui demande à être articulé au travers des luttes politiques. Ainsi, l’art peut être politique en raison de sa pertinence situationnelle dans une lutte politique donnée.


Prenons un exemple : un journal étudiant de science politique, qui aurait comme lectorat la base étudiante de son programme et ayant le but d’y faire avancer les discussions interne à ce milieu. Ce journal ne pourrait pas se faire reprocher de refuser une pièce artistique sous prétexte que l’art est politiquement constitué, puisque tout élément social est politiquement constitué, même la décision de limiter les poèmes dans un journal de science politique. Cependant, il peut évidemment se faire reprocher de refuser l’art qui serait pertinent à la lutte politique. Cette dernière voie reste un débat qui, à mon sens, demeure substantiel.




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