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Une firme de courtage et de gestion immobilière se fait «évincer» de ses locaux

Tribunal d'abolition des loyers (TAL)
il y a 8 heures
4 min de lecture

par le Tribunal d'abolition des loyers (TAL)


Vendredi soir, 30 octobre 2026, un groupe d’une soixantaine d’individu en habits de déménageurs ont pénétré dans les locaux de LJ realities etde Plex DR, des « chefs de file de l'industrie immobilière ». Ils ont sorti tous les meubles, redécoré l'intérieur et placardé l'extérieur. Sur une notice laissée sur place, signée par le groupe qui se désigne en tant que Tribunal d’Abolition des loyers (TAL), l’action est décrite comme une «éviction» des évinceurs.


Sur ce même document, le TAL accuse ces agences de courtage et de gestion immobilière d’être complices d’un marché du logement qui roule sur l’abus et l’exploitation des besoins vitaux de millions de personnes. «Ces entreprises tirent profit de la gestion, la location et la vente de centaines de propriétés par année. Comme plein d’autres, elles agissent comme des vampires en prenant leur part dans la lucrative «business» de la location immobilière, notamment en gérant la collecte des loyers ou en “vérifiant” les locataires. Comme tous les autres agents du marché du logement, LJ realities et Plex Dr tirent leur profit de l'augmentation des prix, de l'expropriation des pauvres, de la gentrification et du salaire des locataires.»


Dans un communiqué qui nous a été partagé le lendemain matin, Albert Turcotte du TAL déclare : « Des gens se soulèvent à l'international. France, Albanie, Espagne, Népal, Allemagne, Maroc... on assiste à une révolte mondiale. Nous agissons ici dans leur sillage pour un jour exproprier les proprios et mettre fin à l'humiliation quotidienne. Il n'y a pas de "crise" du logement au Québec, le logement y est traité comme marchandise régulée par un marché. Et ce marché fonctionne exactement comme il est censé: maximisation des profits par l'exploitation. Il ne tient qu'à nous de nous libérer de la charge absurde de devoir bêtement payer chaque mois un profiteur, sa banque, ses assurances, son courtier, son avocat, ses taxes et tous le reste de son appareillage. »


Au Québec, en 2026, les données parlent d'elles-mêmes. 100 000 logements sont vides et inaccessibles. Les loyers disponibles quant à eux ont augmenté de près de 71 % depuis 2019. Ainsi, c'est plus d’un locataire sur cinq qui rapporte avoir éprouvé des difficultés à payer son loyer aucours de 2026. Des chiffres ahurissants lorsqu'on sait que l'itinérance a augmenté de plus de 20 % depuis 2022. À l'opposé, les agents du marché de la propriété n'ont jamais été aussi riches. En 2023, 600 entreprises possédaient 30% des « unités de logement » à Montréal, un chiffre en hausse. En dépit des nombreuses contraintes desquelles elle se dit accablée, l’industrie de l’immobilier résidentiel s’en sort très bien. De plus en plus décomplexés, des propriétaires se vantent quant à eux publiquement de leurs flips, leurs évictions et leurs profits en ligne. 


Des tonnes de gens n'arrivent pas à trouver de lieux de vie abordables dans lesquelles ils et elles peuvent ressentir la dignité, l'appartenance, la sécurité, la joie : bienvenue dans le monde de l'Économie. Comme tant d'autres autour de nous, nous trouvons inacceptable et révoltant de constater notre incapacité croissante à subvenir à nos besoins de base, dont celui de se loger. Sauf que s'indigner n'a jamais rien changé. Même en le criant très fort, nous ne serons jamais entendus.


« La semaine passée on apprenait que des influenceurs propriétaires affirmaient fièrement "torcher" Hochelaga de ces pauvres. La veille, une enquête révélait que les policiers pissaient sur les personnes sans-abris. Ils nous harcèlent, gentrifient nos quartiers à coups d'horribles condos et de Airbnb, ils nous évincent, nous humilient. Face à cela, comment rester apathique? Les Cory Albert de ce monde sont très clairs: ils nous font la guerre. Il faut voir cette première éviction comme un avertissement, car vous serez les prochains; mais aussi comme appel à s'organiser contre le système de propriété, en commençant par le logement. C’est seulement en construisant une telle force que nous serons en mesure de mettre fin à ce monde invivable. Une force qui suspend le droit de propriété, qui communalise les biens privatisés », ajoute Albert Turcotte TAL.


Cette action répond à l'appel lancé par les Soulèvements du fleuve à s'organiser contre le règne de l’Économie. Tant que le système de propriété tiendra, certain.es n'auront plus de toit sur leur tête. Se défaire de l'emprise du marché sur notre subsistance, voilà l'horizon politique. Les Soulèvements du Fleuve sont clairs : pour nous donner les moyens de nos ambitions, il faut s'organiser politiquement, s'opposer à la logique de propriété privée et déconstruire les promesses qui lui sont rattachées. Ne plus payer de loyer, communaliser des espaces, s'attaquer aux hérauts de la propriété, c'est gagner du terrain sur le monde de l'Économie. Les vagues de révoltes mondiales nous montrent que notre avenir se situe au-delà d'une lutte pour réparer le système économique. C'est ce même élan qui nous pousse à combattre les institutions qui maintiennent le monde tel qu'il est en place. N'attendons plus, faisons naître un monde nouveau, fait d'entraide, de partage et de fête. Le monde ne leur appartient pas.

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